Bougon, Deux-Sèvres
Bougon · Nécropole mégalithique
Vaste nécropole qui commence avec les prémices du mégalithisme et se poursuit pendant deux millénaires avec la construction de nouveaux monuments.
Fouille J.-P. Mohen & C. Scarre 1972/1986
Coordonnées : 46° 22′ 23″ nord, 0° 03′ 58″ ouest
Au lieu-dit des Chinons se dressent cinq tumulus de différentes formes. La fréquentation du lieu a duré plus de deux millénaires.
Il y a six périodes de construction, de remaniements et d’utilisation. Vingt datations au C14 permettent d’en mieux saisir le déroulement.
La première phase, qui date d’environ - 4700, voit l’apparition de deux dolmens à chambre ronde (F0 et E1).
Entre - 4500 et- 4000, de nouvelles inhumations ont lieu.
La phase 3 correspond à l’apparition des chambres mégalithiques quadrangulaires (B1, B2 et C1) érigées aux alentours de - 4200, et la phase 4 à une activité funéraire et rituelle (entre - 4000 et - 3850).
Pendant la phase 6, vers - 2450, des morts sont déposés entre le F0 et le F1. La nécropole est peut-être déjà abandonnée à cette époque. Après cette date, elle ne sera plus fréquentée.
Deux grandes périodes peuvent se distinguer. L’une de construction, l’autre de réutilisation. Pour simplifier : entre - 4500 et - 3500 édification des monuments qui reçoivent un nombre restreint de défunts (moins de dix par caveau), et entre - 3500 et - 2500 utilisation du site avec de plus nombreuses inhumations sans nouveau monument.
Le regroupement en nécropole est peu fréquent dans l’Europe des mégalithes. Il se voit principalement en Irlande et dans le Centre-Ouest de la France. À Bougon, la nécropole occupe deux hectares. Dans ce petit espace, les monuments sont distants de 10 à 20 m. Ils sont construits et agrandis pendant quelques siècles. Aucune des huit chambres n’est identique. Elles suivent les plans qui sont d’usage au moment de leur construction. Elles sont différentes, mais témoignent d’une continuité à travers plusieurs générations. La totalité des édifices se voyait en même temps et s’observait de loin.
Il est probable que ce site fut un sanctuaire régional fréquenté par des communautés venant d’autre territoires. L’existence de ces « pèlerinages» a été démontrée autour d’autres monuments mégalithiques, comme à Stonehenge ou aux Orcades en Angleterre. Pour faciliter la lecture dans son aspect actuel, 6 structures ont été baptisées par des lettres d’A à F.


