Dolmen Saint-Eugène, Aude
Laure-Minervois · Dolmen à galerie
L’appellation “Allée Couverte” méridionale montre comment le la vision du mégalithisme atlantique a influencé l’étude du phénomène méditerranéen.
Fouille Jean Guilaine 1990/199
Coordonnées : 43° 17′ 51″ nord, 2° 31′ 31″ est
Le dolmen, structuré en trois parties, est inclus dans un tumulus de 22 m de diamètre. Il est entouré d’un mur en pierre sèche entrecoupé à distance plus ou moins régulière de dalles fichées verticalement. 7 ont été retrouvées en place. Les autres, arrachées à une date ancienne, ont laissé des emplacements visibles. 21 de ces orthostates espacés de 2,40 m à 2,80 m composaient le pourtour. Ce type d’assemblage est relativement typique des dolmens Pyrénéens de l’est. Il est fréquent en Catalogne espagnole.
Trois murs concentriques sont complétés par un mur à l’ouest se limitant à un arc de cercle. Ils correspondent à différentes phases de construction du monument. Le temps qui s’est déroulé entre ces étapes de construction n’est pas connu ; il peut s’étendre sur une année comme sur des siècles.
Phase 1 : construction de la structure mégalithique entourée d’un cairn oblong en forme de fer à cheval. Il suit le contour de la tombe.
Phase 2/3 : prolongement du couloir et du cairn vers l’entrée.
Phase 4 : édification d’un nouveau mur qui englobe l’ensemble de la construction et prend un plan circulaire.
Phase 5 : adjonction d’une petite plateforme à l’ouest du monument adossée sur un quart de sa périphérie. Il pourrait s’agir d’un renforcement, d’un podium destiné au rituel ou d’un aménagement en une forme de rampe sur laquelle auraient glissé les tables de couverture. Le positionnement des dalles de couverture peut se faire dans un deuxième temps, la tombe étant utilisée en premier lieu avec un toit provisoire en matière végétale.
Phase 6 : Construction du dernier mur qui englobe toutes les structures précédentes. Soigneusement appareillé avec ses dalles verticales qui scandent son pourtour, le monument est devenu circulaire.
Le gré utilisé est prélevé sur place. Les diaclases faisaient qu’il était naturellement rectiligne et déjà détaché de la masse. Il suffisait de les extraire. Quelques très rares et petits bouchardages interviennent pour aplanir des surfaces ou faciliter l’assemblage des blocs.
Une seule dalle est en calcaire et a été transportée sur au moins 500 m. À son côté se trouvait une dalle plus fine que les autres et bouchardée sur chacune de ses faces. Cet aménagement peut suggérer qu’elle provenait d’un monument ultérieur et qu’elle a été réutilisée. Ces deux pierres, placées au centre de la longueur du monument, devaient posséder une valeur symbolique spéciale.
Plusieurs datations C14 placent la première phase entre -3400 et -3100 avec sa construction et ses premières utilisations. Une deuxième phase, attestée par le mobilier, voit une activité de type campaniforme pendant la seconde moitié du troisième millénaire. Enfin, le dolmen sera fréquenté au Bronze Ancien entre -2000 et -1900. Quelques témoignages du Bronze Moyen, subsistent, entre les 14e et 13e siècles.



