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Bazoges-en-Pareds · Dolmen en encorbellement

Les chambres circulaires aux murs en pierre sèche, couvertes par un encorbellement, appartiennent au premier monumentalisme funéraire de l’Ouest.

Fouille M. Baudouin 1913/1914 & R. Joussaume 1974/1975

Coordonnées : 46° 39′ 31″ nord, 0° 56′ 03″ ouest

Il a été nommé ciste par le premier fouilleur, mais il est préférable de garder le nom de dolmen, bien que ce monument ne corresponde pas à sa définition première. La construction commença par un nettoyage par le feu sur une surface de 20 m de diamètre. Il pourrait s’agir d’un rite de purification. Ensuite, une douzaine de dalles furent dressées verticalement pour former un cercle de 4,60 m de diamètre. Elles furent immédiatement entourées d’un mur en pierre sèche qui épouse leur forme. Le couloir de 5 m de long et 1 m de large, bordé de dalles, donnait accès à l’espace créé. Il était recouvert de pierres plates. Un pavage est posé sur le sol de la chambre. Dans la phase suivante de construction, un mur de parement extérieur large de 2,50 m a été élevé. Le comblement entre le mur intérieur et extérieur est fait avec de la pierraille. La dernière étape voit le recouvrement de la chambre. Il est réalisé avec des dalles plates d’environ 1 m sur 0,50 m grâce à la technique de la fausse voûte à encorbellement. Chaque pierre recouvre la précédente sur une surface des deux tiers jusqu’au sommet pour former une coupole. Son diamètre, le plus grand connu pour cette époque, implique une hauteur importante et indique la maîtrise des constructeurs. Le monument, une fois achevé, remplit sa fonction pour une durée indéterminée. Dans un second temps, une nouvelle ceinture de pierre sèche de 2,50 m de large et de 1,30 m de haut a englobé la construction primaire, agrandissant son aspect extérieur. Les dernières modifications seront l’ajout d’un contrefort du côté de la pente, certainement pour renforcer le mur extérieur.

Cette construction, si elle ne répond pas aux critères du mégalithisme, appartient au même phénomène. Il est absurde de définir un ensemble d’édifices exclusivement par ses matériaux. La pierre sèche est très souvent utilisée pour compléter les grandes dalles et combler des vides entre des piliers ou pour bâtir les murs des couloirs. D’autres monuments comme le tumulus de Barnenez (Finistère) montrent que la technique de l’encorbellement est maîtrisée dès l’émergence du mégalithisme et qu’elle pouvait être utilisée conjointement avec des grandes pierres. Il est probable que les ruines de ce type de monument aient échappé aux premiers chercheurs. Sans dalle émergente, ces ruines ne sont qu’un tas de pierres, dans des pays qui en comptent souvent beaucoup. La largeur des murs est un indice pour l’utilisation des encorbellements. Ils doivent atteindre une certaine épaisseur pour supporter la poussée de la voûte. La pierre sèche permet de belles réalisations architecturales rapidement, et ne nécessite que peu d’intervenants. Les constructions en encorbellement sont présentes dès les premiers dolmens ou légèrement antérieures.

La base du dolmen des Cous et son second parement de renfort, à Bazoges-en-Pareds
La base du monument avec son second parement de renfort.
La chambre circulaire des Cous et son parement intérieur de dalles plaquées
La chambre circulaire avec son parement intérieur fait de dalles plaquées contre les murs.
Restitution du dolmen à coupole des Cous, à Bazoges-en-Pareds
Restitution du monument.