Motte des Justices, Deux-Sèvres
Thouars · grand tumulus
Le plus long tumulus de France.
Fouille G. Germond 1985/1988
Coordonnées : 46° 59′ 45″ nord, 0° 11′ 47″ ouest
C’est le plus long tumulus de France. Ses dimensions actuelles ont été réduites par les labours. L’étude des cadastres anciens, en particulier celui de Napoléon, où il figure, montre qu’il a perdu 28 m en longueur et 3 m en largeur en 150 ans. Aujourd’hui, dans une zone industrielle, il a été sauvé et classé monument historique et a subi une fouille limitée.
Au début des travaux, les constructeurs ont incendié la surface. Ces foyers se retrouvent sur d’autres sites. Ils servaient à préparer le terrain ou participaient à des rituels purificateurs. Ensuite le sol a été damé avec soin et une couche d’argile déposée. Au centre, elle est réunie en un gros boudin de 1 m à 1,20 m pour former une arête longitudinale. De part et d’autre sont placés d’autres renforts transversaux. Un système d’alvéoles vient compléter l’ensemble. Les vides seront comblés d’argile, de dalles de calcaire, de gravier et de terre noirâtre. Le rognage des bords dû aux travaux agricoles ne permet pas de connaître le mur de parement éventuel qui encerclait le monument. Les fossés creusés qui l’entouraient servirent de carrière pour extraire les matériaux constituant le tertre et en accentuer l’impression de hauteur. Aucun dépôt d’humus ancien n’a été retrouvé au fond de ces fossés, ce qui prouve que ceux-ci étaient régulièrement entretenus au temps du monument. Comme pour tous les grands édifices de cette époque, l’expérience des constructeurs montre une volonté de permanence et de durée, pour qu’il affronte les temps.
Dans sa forme finale, le monument atteint 180 m de long et 13 m d’un côté, 10 m de l’autre, et une hauteur qui aurait pu culminer à 2,70 m et 2,90 m. Ce qui se trouvait au sommet demeure un mystère. L’érosion a eu raison des aménagements qui auraient pu exister. Une telle esplanade fut conçue uniquement pour recouvrir une tombe, si elle a été originellement une nécropole, ce qui n’est pas démontré. Dans tous les cas, elle dut accueillir des cérémonies et des rituels.
Une grande dalle de pierre de 5 m et 2,60 m de large et 0,70 m émerge vers son centre. Elle pourrait être la dalle de couverture d’un dolmen qui n’a pas été fouillé. Rien ne prouve qu’il soit contemporain du tertre et il a pu être installé dans un second temps.
Un bois de cerf trouvé au fond des carrières est daté au C14 de 4570/3990 av. J.-C.

