Villaine, Indre-et-Loire
Sublaines · « dolmen »
Les avatars du mégalithisme peuvent oublier les dalles monumentales et être conçus pour répondre à des rituels nouveaux et régionaux.
Fouilles : G. Cordier 1964/1966
Coordonnées : 47° 16′ 48″ nord, 0° 59′ 38″ est
La chambre, de forme polygonale (2,30 m à 2 m de côté), est entourée de 7 piliers jointifs. Le plus haut des blocs mesure 1,70 m, et les plus petits entre 40 et 70 cm, pour une épaisseur moyenne de 35 cm. La structure est totalement enterrée, et le sommet des blocs n’atteignait pas la surface du sol. Seule la dalle de couverture demeurait apparente. La question de la date de mise en place de cette table n’a pas été posée à l’époque de la fouille. Le sol était recouvert d’un dallage constitué de pierres irrégulières d’environ 40 cm de long et 5 cm d’épaisseur.
Un fossé, large de 1 à 1,20 m, entourait la structure mégalithique. Des dalles fichées verticalement en bordaient les limites extérieures. La fosse, dans sa plus grande taille, faisait 5 m de diamètre. Une table de 3 m de diamètre a été détruite en 1907 à l’aide de dynamite. L’explosion a dispersé la plupart des vestiges présents à l’intérieur de la tombe. Les ossements, dans un désordre des plus invraisemblables selon le fouilleur, étaient nombreux. Des pointes de flèches tranchantes (en très grande majorité, seules trois sont perçantes) et deux briquets sont les objets les plus remarquables parmi le mobilier lithique. Un millier de tessons ont été recueillis. Quatorze vases en forme de pot de fleurs ont pu être reconstitués. La parure, abondante par rapport à d’autres nécropoles, mais pauvre par rapport au nombre d’individus qui y furent déposés, comprenait un pendentif en forme de petite hache polie, un fragment d’anneau-disque, et de nombreux éléments de colliers : dents percées de sanglier et de chien, perles en os, en calcaire, en nacre et en coquillage.
L’anthropologie a déterminé la présence d’une centaine d’adultes et d’une quarantaine d’immatures dans un espace de 5 m³. Dans un si petit espace, même sur une longue durée, il est difficile d’inhumer des corps entiers. Le fouilleur parle d’ossuaire où seraient déposés les ossements de morts dont le décharnement aurait eu lieu ailleurs.
Le mobilier rattache la tombe au groupe SOM du Bassin parisien, avec quelques variantes régionales. Des tessons de céramique et un peu de mobilier métallique attestent une présence datant de l’âge du Bronze. Trois millénaires plus tard, une population du Moyen Âge y installe une nécropole. Près de 200 tombes furent creusées à l’époque mérovingienne autour de l’ancienne tombe néolithique. Sur 550 m², plus de 112 squelettes furent mis au jour. Dans cette nécropole villageoise, le mobilier est peu abondant : seules quatre tombes ont livré des éléments de parure.


