Pierres Droites, Morbihan
Monteneuf · groupement de menhirs
Quarante-deux menhirs sont visibles sur 1 hectare et 420 monolithes ont été repérés sur 7,5 hectares.
Fouille Y. Lecerf 1989-1996
Coordonnées : 47° 52′ 56″ nord, 2° 11′ 09″ ouest
Le site se situe sur le versant sud d’un plateau (140 m d’altitude). Les blocs sont dressés selon une ou plusieurs logiques : tantôt en lignes pas toujours parallèles, tantôt sans organisation apparente.
Les systèmes de calage varient : couronnes de pierres, fosses ou structures plus complexes. Certains sont dressés sur des buttes oblongues. Dans leur majorité, les grandes faces sont orientées nord-sud.
La présence d’un front rocheux propice à l’extraction a pu déterminer l’emplacement du monument. Les Néolithiques, en cherchant l’effort minimum, ont pu considérer que la nature avait façonné ce lieu pour y installer un espace sacré.
La fouille révèle des techniques d’extraction : utilisation des diaclases naturelles et creusement de rigoles. À Monteneuf, la méthode la plus probable est le choc thermique : sur un tracé creusé dans la roche, on brûle des fagots ou de la bouse pour chauffer localement la pierre, puis on l’asperge d’eau froide pour la fendre. La technique des coins en bois gonflés d’eau n’a jamais été démontrée, plus une légende qu’une réalité.
Pour le transport, les traces de rainures repérées dans le sol auraient reçu des troncs, servant de rails pour déplacer les menhirs sur des rouleaux. L’expérimentation prouve qu’avec cette méthode, une dizaine de personnes peut déplacer un bloc de 3 tonnes.
Pour l’érection, les traces au sol montrent que la pierre est avancée devant sa fosse, puis basculée à l’emplacement choisi à l’aide de cordes passant par un chevalet.
Tous les menhirs sont en schiste pourpre local. 10 % de leur longueur sont enterrés. Leur hauteur fluctue de 20 cm à 5 m, avec des profils variés (quadrangulaires, fusoïdes, informes). Trois présentent une protubérance sommitale accentuée par un épaulement, peut-être pour représenter un humain.
Neuf trous de poteaux suggèrent une construction en bois : édifice antérieur, cabane de chantier ou édicule rituel ? Deux foyers, dans un espace piétiné de 100 m², pourraient témoigner de rassemblement. Autour d’eux, tessons et pièces lithiques seraient les restes d’activités communes, peut-être des banquets. Ils ne se remarquent pas par leur qualité et ne semblent pas être des offrandes.
Treize datations au carbone 14 distinguent trois ensembles :
Une première phase d’occupation avant -4000 (trous de poteaux et foyers) ;
Une période intense de mise en place des menhirs vers -3500 ;
Une destruction systématique au Haut Moyen Âge et avant l’an mil, avec abattage des menhirs sur instruction de l’Église chrétienne.

