Truels, Aveyron
Millau · grotte funéraire
Le rapport entre les dolmens et les grottes naturelles servant de sépulcre, ainsi que les choix de l’un ou de l’autre, sont mal connus.
Fouille Éric Crubézy 1993-1996
Coordonnées : 44° 03′ 50″ nord, 3° 07′ 25″ est
L’histoire de la grotte des Truels II sur le Larzac se décompose en 4 phases :
la première, vers -3300, mal connue, aurait vu une activité funéraire ;
pendant la seconde, vers -2700, quelques cadavres y furent déposés, puis évacués ;
la troisième, vers -2400, reçoit au moins 34 individus accompagnés de vases et d’offrandes ;
la quatrième, vers -2200, connut le passage d’un nombre indéterminé mais important de cadavres, dont les restes furent transportés ailleurs.
Le fait de se trouver dans une cavité naturelle n’implique pas la discrétion : l’entrée fut aménagée et des rituels s’y déroulèrent. Vers -2500, des dalles blanches provenant du plateau sont mises en place à l’entrée de la grotte. Des offrandes y sont déposées et l’on peut considérer ce site, alors, comme un petit sanctuaire où le mort est placé provisoirement. Ses restes seront ensuite évacués.
Vers -2200, l’entrée sera réaménagée avec un muret entourant une courette. Seuls des petits os et des dents furent mis au jour. Ils prouvent la présence de cadavres pour un séjour plus ou moins long et l’enlèvement de leurs os après leur décomposition.
Le lieu ne serait pas une tombe, mais un lieu de passage, les défunts y étant déposés après leur mort et leurs ossements transportés ensuite.
Ces pratiques ont été mises en évidence en Europe du Nord, dans des bâtiments en bois que les chercheurs ont nommés maisons des morts. Les funérailles avaient lieu en deux temps. Dans la première étape, le mort se débarrasse de son enveloppe de chair. Ses restes sont ensuite déposés dans sa tombe définitive.
Les dolmens voisins pouvaient servir de lieu de repos éternel.

