Lacaune, Tarn

Lacaune · statue-menhir

Les fouilles autour des statues-menhirs sont rares, l’emplacement originel de leur implantation n’étant pas souvent connu. Quand elles ont lieu, elles ne donnent aucun mobilier et les traces de foyer sont recherchées en vain. Pas le moindre tesson.

Fouille Jean Gasco et Michel Maillé

Coordonnées : 43° 40′ 59″ nord, 2° 44′ 33″ est

Les statues-menhirs ne sont pas dans des villages, ni proches de maisons. Aucun élément funéraire qui pourrait être contemporain n’a été trouvé à leurs abords. Elles ne signalent pas des tombes. Cette absence de vestiges signifie-t-elle qu’aucun rituel n’était accompli à proximité de ces monuments vénérés ? Jusqu’à présent aucune offrande, aucune trace de foyer n’ont été découvertes. Leur isolement est remarquable.

À Mas-Viel (Mounés-Prohencoux, Aveyron), sept statues-menhirs se trouvaient à proximité de lieux où des ramassages de surface avaient livré des artéfacts datant du Néolithique Final. D’autres prospections à Martrin ou à Murat ont révélé des traces d’époque identique, montrant une occupation importante sans aucune preuve que les pierres dressées leur soient contemporaines. À la Jasse de Terail 2, la fouille a mis au jour l’emplacement de la statue-menhir et un polissoir.

La statue-menhir de Montalet fut découverte au pied du roc qui lui a donné son nom. Cette éminence est très visible dans le paysage. Elle se situe dans un climat parfois difficile et souvent venteux. Il est peu probable que ces lieux fussent choisis pour un habitat durable. Elle se trouve dans un environnement riche en pierres dressées : à moins de 10 km plus de 30 statues-menhirs, 40 menhirs et 4 dolmens sont connus.

Seulement 4 % des lieux d’implantation sont connus pour ces monuments. La statue-menhir de Montalet se trouvait couchée à l’endroit où elle avait été dressée. Elle mesure 3,49 m de haut, 1,20 m de large, pour une épaisseur de 40/60 cm. S’y ajoute le fragment de sa base, haut de 62 cm. Elle est en granit et pèse dans les 5 tonnes. Le bloc, choisi pour sa forme, a été transporté sur une distance de 0,5 à 5 km.

Les alentours de son emplacement originel ont été décapés sur une surface de 150 m². Aucune trace d’activité n’est visible. Seuls trois blocs de quartz mis au jour ont pu être utilisés pour le façonnage de la pierre.

Elle est très érodée. On ne distingue plus qu’une ceinture, l’objet et la marque du baudrier. Le haut du bloc a été détruit par martelage.

La fosse d’implantation, parfaitement visible, est asymétrique. Une zone recouverte de cailloutis à l’avant permet de reconstituer la méthode pour son élévation par basculement, probablement aidée par des cordages et une chèvre.

Dans le comblement du calage se trouvaient de faibles particules de charbon de bois. Des trois échantillons prélevés, l’un a pu être analysé. Sa situation fait qu’il est antérieur ou contemporain de l’érection de la pierre. Il a donné une date fiable entre -2872 et -2620.

La destruction du monument fut volontaire et a demandé un effort important. Une tension fut exercée par des hommes ou des animaux pendant que des coups suffisamment violents étaient portés pour briser le bloc et que la partie sommitale s’affaissait. La date de cet évènement n’est pas connue mais pourrait correspondre au grand mouvement iconoclaste qu’ont subi les statues-menhirs.

La statue-menhir de la Pierre-Plantée à Lacaune (Tarn)
Statue-menhir de la Pierre-Plantée à Lacaune (Tarn).
La statue-menhir de La Jasse du Terral 1 à Miolles (Tarn)
Statue-menhir de La Jasse du Terral 1 à Miolles (Tarn).