Bazoches-sur-Vesles, Aisne
Bazoches-sur-Vesles · allée sépulcrale
Fouille par l’un des pionniers des études des couches sépulcrales, la mise en évidence des phases d’utilisation et la couche de condamnation.
Fouille de J. Leclerc 1986-1992
Coordonnées : 49° 18′ 28″ nord, 3° 37′ 10″ est
L’emplacement se trouve entre deux fossés d’une ancienne enceinte du Néolithique. Bien qu’abandonnées depuis un millénaire, les traces de l’ancienne construction étaient encore visibles. Rien ne dit que l’existence d’un ancien site ait été déterminante pour le choix de l’implantation de la nécropole.
La fosse mesure 9 m de long et 3 m de large. La chambre, quant à elle, 7 m de long et 1,40 m de large.
Les murs sont en bois, doublés à l’extérieur et à l’intérieur de pierres. À la base, quatre alignements transversaux de dallettes sont posés dès la conception de la chambre. Il n’a pas été démontré qu’ils correspondaient à une partition des défunts. Ils auraient pu soutenir un plancher. La couverture était végétale.
Le site n’a bénéficié d’aucune datation au carbone 14. Aucune stratigraphie verticale complexe n’a été remarquée. La couche d’inhumation couvre la totalité de la chambre : elle s’étend sur 7 m de long et 1,50 m de large, avec une épaisseur moyenne de 30 cm. Les sujets sont allongés sur le dos et entassés les uns sur les autres. 9 600 restes osseux ont été inventoriés. Ils correspondent à 87 individus de tous âges et de tous sexes : 54 sont des adultes de plus de 20 ans et 47 n’atteignent pas cet âge, dont 26 sont morts avant leurs 4 ans. Les systèmes de datation ne sont pas assez précis pour séparer finement les différentes phases qui ponctuent l’existence de la nécropole. Il est toutefois possible de percevoir différents rythmes d’utilisation. À Bazoches, six phases divisent l’histoire des funérailles.
Phase 0 : première inhumation, qui sera vidangée et dont les restes de 4 individus sont connus. La phase 1 voit le dépôt de 4 sujets sur un temps long. Durant la phase 2, le rythme demeure lent, et déjà quelques remaniements d’ossements apparaissent. Elle concerne 24 individus. La phase 3 est divisée en plusieurs épisodes : un premier lent et progressif avec 14 morts, suivi d’un rythme plus rapide où sont déposés 4 cadavres. Pendant ces deux épisodes, l’espace funéraire reçoit des dépôts d’inhumation secondaire. Près de la moitié de la partie ouest est occupée par un ossuaire. Les deux dernières phases voient d’abord un dépôt rapide de 4 défunts, puis, pour la phase ultime de la tombe, le dépôt d’un seul individu.
Le dernier épisode de l’histoire du site n’intervient pas immédiatement après que le dernier mort a pris sa place. Après un temps indéterminé, de nouveaux travaux sont entrepris ; ceux-ci demandent un effort conséquent. Une chape de 9,5 mètres de long et de 3 m de large va recouvrir l’ensemble de la tombe. Elle se prolongera de chaque petit côté pour recouvrir les deux parois de l’antenne qui devait encadrer l’entrée. Une première couche de pierres est directement déposée au contact des ossements. La mise en place est soigneuse : les pierres dépassent rarement 18 kg, pour être transportées facilement. Cette couche sera recouverte de pierres d’un module plus petit et de forme plus régulière.



