Derrière La Croix, canton de Neuchâtel (Suisse)

Saint-Aubin-Sauges · groupement de menhirs

Au sommet d’une butte ont été érigés 9 menhirs. Ils s’organisent en 2 files distinctes.

Fouilles S. Wüthrich 1994-1997

Coordonnées : 46° 52′ 44″ nord, 6° 45′ 14″ est

La première file, comptant 4 menhirs, aurait été dressée en premier, à la fin de la première moitié du 5ᵉ millénaire, vers -4600. Une seconde file, avec également 4 pierres et alignée selon une orientation légèrement différente, prendrait place à la fin du 4e millénaire ou au début du 3e. Des traces de chablis attestent une déforestation par les premiers paysans des zones au pied des coteaux pour l’installation de champs et d’espaces où dresser des menhirs. Les pentes, quant à elles, demeurent boisées.

Les blocs, dont certains peuvent atteindre 3 tonnes, n’ont pas été préservés sur place. Les menhirs ont subi des déplacements dus à l’agriculture et n’ont pas été découverts sur leurs lieux d’implantation d’origine, ils furent transportés sur une distance inconnue.

Leur état ne permet pas de dire s’ils furent gravés. La pierre choisie ne se prête pas à ce type d’opération. Toutefois, tout semble avoir été aménagé pour une mise en forme.

Un four à pierre chauffée est la seule structure mise au jour correspondant à la première phase d’occupation. Il a été activé plusieurs fois, probablement dans un court laps de temps, sa dernière utilisation ayant eu lieu à la fin de l’été ou au début de l’automne. Sa datation au carbone 14 est comprise entre -4840 et -4590. Ce type d’installation, couramment nommé four polynésien, est le plus ancien découvert en Helvétie. La taille de la fosse, de 3,15 m de long et d’une largeur oscillant entre 1 et 1,25 m, exclut tout usage familial. Sa surface pouvait accueillir un grand nombre de pièces à cuire, animales ou végétales. Son utilisation ne peut être que collective et évoque des réunions autour d’un festin. Il est antérieur à l’implantation des menhirs, le site étant déjà un lieu de rassemblement lors de leur érection.

Dans une seconde zone d’occupation, à l’ouest des menhirs, de nombreux foyers plus simples ont été mis au jour. Ils apparaissent sous une morphologie différente et se présentent comme des feux domestiques destinés à des cuissons modestes. Leur datation s’échelonne entre -4500 et -4300. Stratigraphiquement, ils semblent associés aux menhirs. Ils démontrent la présence épisodique, de courte durée, de petits groupes. Le mobilier céramique et lithique est très pauvre. Des traces d’activité agricole, représentées par les restes de battage du grain, montrent que les champs cultivés étaient proches.

À proximité, entre -4460 et -4250, une source a été sommairement aménagée ; de nombreux tessons y ont été découverts. La présence du lac et de ruisseaux faisait que l’eau était disponible, ne rendaient pas nécessaire l’agencement de cette source, qui aurait pu être lié aux menhirs.

Entre -4800 et -3800, le site a fonctionné de manière épisodique. Il aurait été abandonné pendant un temps entre le Néolithique Moyen et le Néolithique Final, avant que les premiers villages palafittiques ne s’installent dans la région.

Plan du site de l’ensemble mégalithique de Derrière la Croix à Saint-Aubin-Sauges (Suisse)

Pour plus d'informations : Dolmens de la Normandie à l’Auvergne