Dolmens avec chambre en encorbellement
Les « dolmens » en pierre sèche participent à l’émergence du monumentalisme funéraire.
Un couloir bordé de deux murs en pierre sèche recouverts de petites dalles mène à une salle ronde dont les murs sont aussi en pierre sèche. La couverture est réalisée par une fausse voûte en encorbellement. Cette technique limite le diamètre de la chambre. En moyenne, celle-ci ne dépasse pas les 4 m. Quand des dalles entrent dans leur conception, elles sont ornementales et symboliques et sont plaquées le long des murs ; elles ne participent pas à la solidité du monument. Un cairn peut contenir une ou plusieurs chambres.
Ces dolmens sont présents en Bretagne, en Normandie et dans le Centre-Ouest. Tous ne furent pas inclus dans de grands cairns. Nombre de ces tombes ressemblaient à ces cabanes de pierre que l’on peut apercevoir dans certaines régions de France, connues sous le nom de bories, capitelles ou caselles. Ce type de monument résiste mal au temps ; leurs vestiges sont difficiles à mettre en évidence, et ces tombes ont pu être beaucoup plus nombreuses que celles qui sont inventoriées.
Le choix de la pierre sèche pour les tombes est un choix culturel. Les Néolithiques des grands plateaux du centre de la France, qui construiront des milliers de dolmens avec de grandes dalles, n’utilisent pas cette technique, malgré un contexte géologique qui s’y prête bien. Des millénaires plus tard, les paysans couvriront pourtant leur pays de cabanes en pierre sèche pour s’abriter lors des travaux des champs. Les tombes en encorbellement sont rares en France méditerranéenne. À la fin du Néolithique, elles seront bâties dans le sud de l’Espagne, en Andalousie, où elles prendront le nom de tholos et abriteront les dépouilles des princes ou des princesses du Chalcolithique.




