Douet, Morbihan
Hoëdic · file de pierres
Le milieu insulaire et la pauvreté de la terre ont permis la conservation de monuments moins visibles.
Fouille J.-M. Large 2003-2007
Coordonnées : 47° 20′ 35″ nord, 2° 52′ 41″ ouest
Hoëdic était déjà une île au Néolithique. Les Mésolithiques y séjournaient régulièrement et y déposaient leurs morts. L’agriculture s’y installe relativement tôt pour la Bretagne. Quelques dolmens et menhirs sont les vestiges les plus apparents de l’occupation néolithique.
Au Douet, 8 blocs de taille moyenne forment une file longue de 10 m, mais le rebord de falaise s’est effondré. Avant la fouille, les pierres étaient à demi submergées par le sable. Les plus gros blocs sont aux extrémités, le plus grand mesure 1,58 m.
Des structures analogues existent sur l’île, mais aucune n’a été signalée ailleurs en Bretagne. Il ne s’agit pas d’une configuration naturelle améliorée, mais d’une construction conçue dans son ensemble. Les pierres, extraites à proximité, sont placées pour créer une ligne dirigée vers le lever du soleil au solstice d’été et le coucher du soleil d’hiver. Si le lever est visible en été, le coucher d’hiver est caché par les reliefs de l’île.
Plusieurs pierres montrent des enlèvements suggérant une volonté de leur donner une valeur symbolique, notamment le bloc M1 : des interventions amincissent le bloc de chaque côté du sommet, représentant une tête, la forme naturelle dessinant les seins, et des enlèvements accentuent la figuration d’un sexe féminin. À 1 m de ce bloc se trouvait une dalle de granite (43 × 24 cm), transformée en stèle anthropomorphe par percussion. Dans un mur ultérieur, une pierre de récupération porte une gravure de crosse très effacée, faisant le lien avec le mégalithisme classique.
De nombreux tessons, concentrés, sont les restes de vases déposés entiers au pied des blocs, suggérant des offrandes. Deux haches polies et 14 galets allongés, disposés dans le même sens, confirment un dépôt soigné. Un foyer à la base des pierres est daté de -4708/-4536, confirmé par la céramique. Cette date très ancienne (Néolithique Moyen, culture VSG/Cerny) place le monument au début du monumentalisme breton. La construction subira des modifications au Néolithique Final.

