Hauts-sur-Orne (Les), Calvados

Fleury-sur-Orne · nécropole type Passy & cairns

Les cairns, comme en connaît la plaine de Caen, et qui sont assimilés au début du mégalithisme, succèdent à des structures de type Passy.

Fouilles de Jean Desloges (2000), David Flotté (2012) et Emmanuel Chesquière (2014) et D. Jan 2021

Coordonnées : 49° 09′ 09″ nord, 0° 22′ 06″ ouest

Les trous d’homme, ces refuges personnels que creusèrent les soldats canadiens en 1944, ainsi que le camp de prisonniers de 20 000 Allemands qui y a été installé, endommagèrent grandement le site archéologique. Les labours profonds des travaux agricoles ont été également très destructeurs. Enfin, le site a disparu en 2016 sous la construction de logements.

Les Hauts-sur-Orne ont révélé 26 monuments de type Passy et 7 cairns. Dans un rayon de 10 km, 3 autres sites de type Passy sont connus.

À Fleury, le plus court des tertres trapézoïdaux fait 13 m de long, la plupart mesurent entre 50 m et 100 m, deux entre 150 m et 200 m, et deux dépassent 300 m . Tous n’ont pas révélé de tombes.

Dix-sept tombes ont pu être fouillées. La plupart des monuments en contenaient une seule, deux en contenaient deux, et une en contenait trois. Des tombes moins enterrées ont pu disparaître. Le terrain est très arasé. Toutefois il est probable que de nombreux monuments n’eurent pas de vocation funéraire.

Le monument 29, qui a conservé une partie de son tertre sur 70 m de long et 80 cm de hauteur, n’a pas livré de sépulture. À l’origine, il devait atteindre une hauteur de plus de 3 m et était construit avec des mottes de gazon et des plaquettes de calcaire. Les fossés dans leur partie la plus large atteignent une largeur de 17 m. Il est possible que cette construction hors norme soit le monument fondateur,  les autres édifices venant s’agglutiner autour de lui ; il est antérieur, vers -4600, et serait le plus ancien.

Les premiers édifices apparaissent vers -4600, le maximum de construction se déroule entre -4500 et -4200.

Une analyse génétique montre que sur les 14 individus qui ont pu être étudiés, 13 étaient des hommes. Une seule femme est présente. Elle est accompagnée de 4 armatures de flèche, un mobilier considéré comme masculin. Les autres sépultures analogues dans le bassin parisien ne connaissent pas une telle ségrégation. Une autre différence réside dans l’absence d’enfants.

Deux paires d’individus sont reliées par des liens génétiques du premier degré (père/fils). Deux sont enterrés dans le même monument dans deux tombes, et les deux autres dans une sépulture double. L’ensemble des résultats d’ADN suggère un système patrilinéaire avec une exogamie féminine : les hommes allaient choisir leur femme à l’extérieur du territoire dans lequel ils vivaient.

Les premiers individus enterrés correspondent au paysage génétique habituel du Néolithique Moyen. Après -4000, les analyses génétiques de 3 défunts laissent supposer l’arrivée d’une nouvelle population.

Une série de 25 fossés circulaires, dont 16 d’un diamètre de 1 à 2 m, accueillit des troncs importants, constituant un alignement de 160 m de long. Un second groupe de 32 trous s’étend sur la même distance. L’un des alignements traverse une structure de type Passy et serait plus récent. Les datations sont de -4960/-4790 et -4346/-4245. Si les plus grandes fosses furent faites pour accueillir des troncs, il est possible que d’autres aient servi de calage à des monolithes.

Si les tombes de type Passy montrent une grande variété dans leur forme, elles répondent au même esprit qui régit la vision d’un au-delà, des soins et des rituels qui entourent les morts. Les nécropoles de ce type sont abandonnées quand les rituels changent. Il arrive parfois que d’autres nécropoles d’autres époques, de l’âge du Bronze, de l’âge du Fer ou du Moyen-Âge, viennent s’installer sur les lieux.

Le cas apparait différent à Fleury, où vers -4200/-4000 les dernières tombes de type Passy sont encore construites et 9 cairns érigés. Ils procèdent d’une nouvelle conception et d’un type architectural novateur.  Ils inaugurent une nouvelle façon de gérer les morts en Normandie.

Cinq cairns sont regroupés à l’extrémité est de la nécropole et deux autres, les plus grands, se trouvent presque au centre. Ils sont construits en pierre sèche, avec des chambres circulaire et des couloirs qui traversent les cairns.

Le cairn 9, construit vers -4200/-4000, a un diamètre de 20 m. La chambre, de 7 m de diamètre, était entourée par un petit muret en pierre sèche de 50 cm de haut et devait être protégée par une couverture végétale. Les restes de 45 individus, dont les sexes et les âges correspondent à une population du Néolithique, y ont été dénombrés.

Le cairn 44, long de 14 m et large de 9 m, comporte 2 chambres de 4 m de diamètre. Très arasé et détruit en partie, il a livré les restes de 4 individus. Il est daté de -4200/-4100.

Dans le cairn 40 se devinent les prémices du mégalithisme. Dans la construction en pierre sèche, de 20 m de diamètre, ont été mises au jour les fosses d’implantation des dalles qui limitent la chambre. Très arasés, les restes de 4 individus y ont été recensés. Le C14 le situe entre -3400 et -2900.

Plan de la nécropole néolithique de Fleury-sur-Orne à Fleury-sur-Orne (Calvados)
Plan général du site.
Plan du monument 29 de la nécropole néolithique de Fleury-sur-Orne à Fleury-sur-Orne (Calvados)
Le monument 29 est le plus impressionnant de la nécropole est pourrait être le monument fondateur autour duquel elle s’installa.
La tombe 8 de la nécropole néolithique de Fleury-sur-Orne à Fleury-sur-Orne (Calvados)
La tombe 8 contient deux monuments superposés et serait celle du père et du fils.