Mailleton, Loiret
Malesherbes · dolmen à couloir
Les efforts consentis pour condamner définitivement le monument sont aussi importants que ceux qui furent nécessaires pour sa construction.
Fouilles : G. Richard 1993/1994
Coordonnées : 48° 15′ 58″ nord, 2° 24′ 40″ est
Le dolmen à couloir se compose d’une chambre limitée par deux piliers latéraux et un chevet, d’une antichambre et d’un couloir enserré dans un tumulus de forme ovale. Trois orthostates sont conservés d’un côté du couloir ; les blocs ont disparu de l’autre côté, ne laissant que leurs fosses de calage. Un dallage recouvrait l’ensemble du sol du monument. Il remonte vers le fond de la chambre et forme une banquette, comme le bord d’un trottoir, qui servit, au moins dans sa phase finale, d’ossuaire. Le tumulus était entouré d’un parement fait de fines dalles. Dans la chambre, de très nombreux restes osseux permettent d’estimer à une cinquantaine le nombre d’individus. Aucun ossement n’était en connexion anatomique. Dans l’antichambre, des os courts et des dents sont les reliquats de cadavres déplacés. Au nord du couloir, de nombreux fragments d’os longs témoignent aussi des grands bouleversements subis par les squelettes. Il ne reste pas de témoignage d’inhumations primaires.
Plusieurs armatures de flèches, des briquets avec leurs blocs de pyrite, quelques silex du Grand-Pressigny et des tessons d’une céramique commune composent le mobilier. Les parures étaient abondantes : perles en calcaire, en os, en coquillage et en dents perforées.
Dans sa dernière phase d’utilisation, une dalle est posée comme cloison entre la chambre et l’antichambre. Ensuite, le couloir est fermé par un mur en pierre sèche épais de 40 cm. Une couche de condamnation de 50 cm, faite de pierres, vient recouvrir la sépulture. Les piliers sont inclinés, et une dalle de 3,30 m × 2,20 m, épaisse de 0,90 m et pesant 11 tonnes, est apportée sur la chambre. La table est aujourd’hui en deux fragments ; il est possible que la cassure soit ancienne et provienne de sa position en porte-à-faux lors de sa mise en place. Le monument n’a jamais été un dolmen pendant la période de son utilisation : il en prend la forme à sa fermeture définitive. Cette condamnation du monument nécessite pour le transport et la mise en place de la pierre de recouvrement un effort collectif plus important que celui requis pour sa construction. Aucune personne n’est entrée dans la chambre une fois que la couverture mégalithique fut mise en place.


