Œillet (L’), Manche
Granville · cercle de pierres
La fouille n’a pas encore déterminé l’usage ni le type de ce monument, entre France et Angleterre.
Fouille Antoine Chancerel 1994
Coordonnées : 48° 52′ 32″ nord, 1° 49′ 16″ ouest
Au Néolithique, ces écueils et lambeaux de terre étaient plus vastes et en partie cultivables. Il était devenu une île vers -6000/-5000, suite à la remontée du niveau marin. Le cromlech est aujourd’hui entièrement recouvert à marée haute et visible à marée basse. Il est l’un des seuls monuments circulaires reconnus pour l’ouest de la France. Une comparaison serait possible avec le cromlech supérieur d’Er Lannic qui avait, lui aussi les pieds près de l’eau à l’époque de sa construction. Il peut être considéré comme un unicum pour la France.
Il pourrait appartenir à la grande famille des cercles de pierres des îles britanniques. Il serait assimilable à la catégorie des petits cercles qui mesurent entre 12 à 17 m. Celui de Chaussey ne faisant que 12 à 12,50 m de diamètre intérieur. Il évoque cette catégorie de monuments découverts en Angleterre, les seahenges. Ils sont eux aussi immergés à l’heure actuelle. Ce sont des cercles fermés constitués de gros troncs d’arbres. À l’intérieur est fichée à l’envers une énorme souche. Ils pourraient aussi appartenir à une structure plus récente de l’âge du Bronze et participer à un aménagement du territoire.
Le monument de Chausey est composé de 40 dalles visibles dont la plupart se sont affaissées. Leur taille moyenne se situe entre 1,50 m et 2 m. Elles sont régulières et choisies avec soin. Aucune structure importante n’a été détectée à l’intérieur. Un sondage a révélé un petit amas de galets ayant subi le feu, qui pourraient être les vestiges d’un foyer. Les hypothèses que ces vestiges soient les restes d’une pêcherie, comme d’autres, dont certaines très anciennes, ou un cercle entourant un tumulus qui aurait disparu, ne sont pas plausibles. Aucune datation directe n’a pu être établie. Le niveau d’ennoiement le placerait au Néolithique Moyen, soit vers -4500/-4000. Une série de silex trouvés à proximité et qui semblent attachés au monument peuvent aussi être attribués à cette époque. Le contexte archéologique, avec des coffres dans le voisinage, peut-être des dolmens et un menhir couché, mais dont les marques de météorisation prouvent qu’il fut dressé pendant une longue période, montre une occupation du territoire. Les découvreurs du site proposent une date aux environs de -4500, un peu ancienne par rapport à leurs homologues britanniques, dont la grande période de construction se situe autour de -3000.

