Richebourg & La Sablonnière, Yonne
Passy · sépulture de type Passy
L’une des premières formes du grand monumentalisme fut de terre et de bois.
Michèle Fonton (1982/1983), Henri Carré (1983/1985), Pascal Duhamel (1982/1985) et différentes interventions de sauvetage ont eu lieu dans les années qui suivirent.
Coordonnées : 48° 06′ 36″ nord, 3° 18′ 10″ est
Vingt-sept monuments ont été repérés, dont 23 ont été fouillés. Les monuments mesurent de 40 m à presque 300 m de long.
Le monument 5 mesure 280 m de long, et les fosses sont écartées en moyenne de 7 m. À l’extrémité, un renflement plus large est présent ; 2 poteaux limitent une porte.
Le monument 15 connaît 3 phases. La première est un monument allongé court de 45 m. Dans sa deuxième phase, les deux fossés sont rallongés et partiellement détruits ; il aurait dû atteindre 150 m de long. Un monument circulaire de 16 m de diamètre vient s’implanter sur la « tête » du monument initial. Trois espaces funéraires, situés juste en retrait de l’ouverture orientale, lui sont associés. Leur position excentrée ne permet pas de les relier à une phase en particulier. Dans l’un d’eux, il ne reste que des esquilles osseuses ; dans le second, le squelette d’un enfant avec un collier ; le troisième est une cuvette de faible profondeur contenant des cendres et des ossements brûlés appartenant à un enfant de 7/8 ans. Les incinérations sont rares dans ce contexte culturel.
Le monument 17 se présente comme un monument allongé de 60 m de long, dont les limites sont un chapelet de fosses et non une tranchée continue. À son extrémité, une structure circulaire de 16 m de diamètre vient se superposer au premier monument. Cet ensemble se distingue par la variété et le nombre de défunts qui y furent déposés. Une zone de 2 m de large dans le cercle contenait les fragments d’ossements brûlés d’un enfant. Une série de 4 tombes se trouvait dans l’axe du monument : 2 à l’intérieur du cercle et 2 dans la partie orientale du monument allongé. La sépulture 1 renfermait un enfant ; la 2, un squelette mal conservé ; la 3, un adulte accompagné d’un enfant qui possédait un collier d’une quarantaine de perles calcaires ; la 4, les restes d’un défunt avec 4 armatures de flèche.
Le monument 20 se présente sous la forme de deux fossés parallèles espacés de 7 à 10 m, se terminant par un renflement à chaque extrémité. Une structure circulaire de 11 m de diamètre est installée à l’extrémité orientale. La stratigraphie a démontré, sans équivoque, qu’elle est postérieure au monument allongé, comme les plans le laissent généralement supposer dans les autres cas. Aucune sépulture n’y a été découverte.
Ces cas montrent l’extrême diversité des structures que l’on peut trouver dans une même nécropole : monuments allongés courts et longs, monuments piriformes et monuments circulaires. Ils suivent une orientation similaire vers l’est, allant du sud-est au nord-nord-est. Les parties les plus larges à l’orient sont munies d’un dispositif d’ouverture. Cette partie extrême, dont les fosses sont les plus profondes, est le cœur du monument. La fouille a démontré que les sédiments des fossés étaient assemblés au centre pour former un tertre. Il n’est pas certain que ce soit une règle générale.
Un plus grand nombre de monuments accueille une seule inhumation, d’autres en contiennent plusieurs, et d’autres aucune.
Plusieurs chercheurs supposent l’installation d’un monument fondateur, vers le milieu du 5e millénaire et qu’ensuite les autres édifices viennent s’aligner par rapport à lui. La durée qui sépare les constructions ne peut être déterminée avec précision. Elle est l’œuvre de plusieurs générations.
Le mobilier est rare et se rattache à la culture de Cerny, qui s’est développée entre -4600 et -4300.


