Sépulture sous dalle

Une dizaine de sites sont connus dans un territoire d’un rayon ne dépassant pas 20 km autour de Malesherbes.

Il se peut que ces monuments aient été beaucoup plus nombreux, mais ils disparaissent facilement : une grosse pierre isolée dans un champ se déplace sans laisser de vestiges spectaculaires.

Sur le site des Marsaules dans le Loiret, la dalle repose sur un muret en pierre sèche. Elle contenait un individu de sexe masculin, âgé de 18 à 20 ans ; aucun mobilier ne l’accompagnait. Sur le site de la Chaise à Malesherbes, dans le Loiret, la dalle mesure 4,60 m sur 2,25 m. Elle est épaisse de 80 cm et pèse dans les 18 tonnes. En dessous, une fosse est creusée dans le limon. Elle contenait deux inhumés : une femme de plus de 50 ans et une autre d’environ 18 ans. Aucun mobilier ne les accompagnait ; une datation au C14 donne une fourchette de -5560/-4620. À moins d’un mètre de la dalle, une pierre dressée de 1,10 m a la forme d’une chaise et a donné son nom au site. Des trous de poteau et un aménagement possible de la surface autour de la tombe ont été observés.

À Dorville, dans le Loiret, le site des Fiefs (fouillé par Daniel Simonin en 1987/1988) a établi qu’une dalle, aujourd’hui détruite, mesurait 4,50 m de long et 2,30 m de large pour 1 m d’épaisseur ; elle devait peser dans les 15 tonnes. Le premier lieu d’extraction possible se situe à plus de 2,7 km du site. La fosse abritait un homme adulte accompagné d’un bracelet constitué d’une défense de suidé et de deux armatures de flèches tranchantes. Il tenait dans la main gauche une lame de silex. Le C14 a donné une datation de -4565/-4269, avec une probabilité maximale vers -4400. La sépulture est incluse dans une nécropole où 22 inhumés ont pu être étudiés. C’est la seule tombe recouverte d’une dalle.

Ces tombes, que l’on a nommées de type Malesherbes, sont des sépultures individuelles, avec un cas où deux individus sont présents. Ce sont des fosses creusées ; les inhumés sont en position repliée, le visage tourné vers le sud. Aucune trace de tumulus n’a été retrouvée. Les dates probables de ces sites se situeraient entre -4500 et -4400.

Une petite tribu a inventé un type de tombe. Celui-ci ne fut adopté que sur un territoire très restreint et n’eut pas de pérennité. Les tombes à fosse individuelle sont une pratique commune pour l’époque. Les tombes de type Malesherbes innovent par le transport et la mise en place d’une dalle d’un poids de plus de 10 tonnes, ce qui nécessite de réunir un nombre important d’intervenants. Ce type de monument appartient aux prémices du monumentalisme funéraire qui requiert un effort collectif. Il n’est pas pour autant, pour les populations locales, à l’origine des dolmens. Les tombes mégalithiques n’eurent guère de succès dans la région par la suite.

La Pierre Droite, nom du menhir se trouvant à proximité de Milly-la-Forêt (Essonne)
La Pierre Droite, nom du menhir se trouvant à proximité de Milly-la-Forêt (Essonne).
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Le parc du Château d’Auneau (Eure-et-Loir)
Le parc du Château d’Auneau (Eure-et-Loir).