Les hypogées d’Arles

Dans les environs de la ville d’Arles, sur la commune de Fontvieille, dans un splendide isolement, se trouvent quatre hypogées les uns à côté des autres.

Le lieu est particulier. Des collines, dont l’une est appelée montagne de Corde, émergent dans l’horizon, surgissent dans l’étendue plate de la Crau. Au nord, au loin, se voit le contour des Alpilles et au sud l’immensité de la plaine jusqu’à la mer. Il est possible que ce soit le lieu, sa géomorphologie et sa géologie qui ont incité les populations à adopter ce type de monument. Les quatre hypogées suivent le plan et procèdent de la même conception que les dolmens de type bas-rhodanien, tel que celui de Coutinargues qui se trouve à proximité ou celui de Gallaret à Pouget dans l’Hérault. Les tumulus, qui recouvraient les installations souterraines, ont disparu du paysage où ils dominaient, au Néolithique, de vastes espaces. Ces hypogées sont uniques en Provence. Leur couverture de grandes dalles en fait des monuments hybrides entre le dolmen et l’hypogée.

Les informations anthropologiques concernant les défunts ayant occupé ces tombes sont minimes. Soit que les caveaux aient été vidés avant la fouille, soit que les fouilleurs aient prêté peu d’attention aux ossements qu’ils rencontraient. Il n’y a pas de doute que trois de ces grottes artificielles furent des tombes collectives. Les restes d’ossements de 108 individus sont recensés dans l’une d’entre elles.

Pour la Grotte des Fées, l’immensité de la chambre a suscité quelques interrogations. Elle a toujours été connue vide de tout mobilier. L’hypothèse d’un grand sanctuaire souterrain a été évoquée.

Seul le mobilier archéologique permet actuellement de proposer un âge pour ces monuments. Plusieurs hypothèses ont été émises. La plus ancienne les date de la fin du Néolithique Moyen vers -3600/-3500 par comparaison avec d’autres monuments de Méditerranée. Cette proposition est abandonnée. À l’inverse, une autre les place à la fin du Néolithique Final, vers -2900, associés à la culture de Fontbouisse. Certaines céramiques pouvant lui être attribuées sont peut-être des réutilisations.

Entre ces deux extrêmes, la solution qui paraît la plus probable serait de placer leur construction à la fin du 4e millénaire, vers -3500/-2900 dans le contexte de la grande phase du mégalithisme en Languedoc. Elles sont en usage, par intermittence, jusqu’en -2400, comme le prouve la présence des Campaniformes. Des incursions ont lieu à l’âge du Bronze vers -1600/-1500.

L’intérieur de l’hypogée du Castelet à Fontvieille (Bouches-du-Rhône)
L’intérieur de l’hypogée du Castelet.
Le couloir d’accès de l’hypogée du Castelet à Fontvieille (Bouches-du-Rhône)
Le couloir d’accès.
Grosses dalles de couverture d’un hypogée d’Arles à Fontvieille (Bouches-du-Rhône), entre hypogée et dolmen
De grosses dalles recouvrent la tombe creusée dans le sol, faisant de ces monuments des hybrides entre hypogée et dolmen.