Homme Mort, Marne
Tinqueux · hypogée
L’hypogée est creusé dans un limon alluvial qui s’est avéré suffisamment solide pour ne pas s’effondrer, malgré quelques éboulements intérieurs durant son utilisation.
Fouille G. Bailloud et M. Brézillon 1963
Coordonnées : 49° 14′ 51″ nord, 3° 58′ 59″ est
L’accès se faisait par un couloir de 2,20 m avec une forte pente. L’entrée par une chatière d’à peu près 50 cm de diamètre probablement fermée par une porte en bois. La chambre rectangulaire de 4,20 m de long, 1,90 m de large et une hauteur estimée à 1,10 m, le plafond s’étant effondré peu avant la fouille. La trace du creusement est visible sur les parois. Les instruments utilisés le plus fréquemment sont des haches polies très émoussées et ébréchées ou bien des haches taillées en silex. Aucun de ces outils n’a été découvert lors de la fouille. Le sol parfaitement plat n’est pas dallé. Il se retrouve à 3,60 m sous la surface du sol.
Son entrée est sans antichambre, il n’a pas d’aménagement intérieur taillé dans la masse et a une surface réduite de 8 m². Par son architecture, il est conforme au plan des hypogées simples de la Marne dont la forte concentration se situe à quelques dizaines de kilomètres au sud.
Le mobilier comporte deux haches polies, dont une en jadéite de belle qualité, des pointes de flèche perçantes en majorité et des gaines de hache en bois de cervidés. 255 perles en nacre pour la plupart sont l’essentiel de la parure. Un silex nommé retouchoir dans la typologie classique fait partie de ces objets dont la fonction a été comprise longtemps après leur découverte, bien qu’ils ornent de nombreux cabinets de curiosités. Il en est ainsi des pierres de foudre qui ne furent interprétées que bien après leur description. Les vases support n’ont été considérés comme des brûle-parfums que récemment. Dans l’hypogée de l’Homme Mort, l’une de ces pièces parfaitement associée à un bloc de pyrite confirma l’utilisation de ce type de silex comme briquet. Depuis, la présence de cet équipement personnel est régulièrement signalée dans les sépultures collectives de cette époque.
La disposition du mobilier prouve qu’un des colliers était porté par le mort et que les flèches appartenaient à un seul carquois. L’ensemble se rattache au groupe SOM, ce qui est confirmé par une datation C14, situant l’utilisation de la tombe aux alentours de -2000.
La moitié de la chambre avait été vidée avant son étude. Une partie des ossements avait été emportée au commissariat de police. Les témoignages sur les emplacements des squelettes ne concordent pas. La fouille systématique n’a dégagé qu’un seul squelette le long de la paroi nord.
Des sédiments se sont accumulés entre les différentes étapes de son utilisation. Dans un cas, une partie du plafond s’est effondrée. Les déblais ont été régulièrement répartis sur une épaisseur de 12 à 14 cm sur les restes osseux sans les déplacer. Il y a au moins deux grandes phases séparées par des remplissages accidentels ou volontaires. Le fouilleur pense que le temps entre ces différentes inhumations n’était pas continu.
Il a été recensé un nombre de 20 individus, dont 7 enfants de moins de 13 ans. Un seul individu dépasse les 50 ans alors que dans l’hypogée des Mournouards 18 % de la population se situent au-delà de cet âge. La situation du groupe inhumé à l’Homme Mort semble particulièrement vulnérable.


