Roche-aux-Fées, Ille-et-Vilaine
Essé · dolmen de type angevin
C’est l’un des monuments les plus impressionnants du monde mégalithique. Considéré comme le plus grand de Bretagne, il appartient pourtant, bien que situé dans cette province, à un autre ensemble, dont l’épicentre se trouve dans la basse vallée de la Loire.
Étude géomorphologique D. Sellier, 2017
Coordonnées : 47° 56′ 11″ nord, 1° 24′ 17″ ouest
Ce monument de type angevin, parmi les plus célèbres, demeure l’un des mégalithes les moins bien connus de France. Bien qu’A. Caylus l’ait décrit dès 1752, en en donnant des représentations et un plan sur une pleine page, son histoire ancienne est totalement ignorée. De multiples curieux, dont certains sont signalés dès le XVIIIe siècle, ont dû y creuser à la recherche de quelque trésor. Aucune fouille ni tentative de fouille archéologique ne semble avoir été entreprise.
Le monument mesure 19,50 m de long pour une largeur moyenne de 4,70 m. Il se compose de 27 orthostates, de 6 dalles de couverture principales et de 2 autres sur le portique. Les pierres les plus lourdes avoisinent 40 tonnes, et l’ensemble des blocs représenterait une masse dépassant 500 tonnes. Les pierres n’ont pas été extraites sur place, ce qui est inhabituel pour les dolmens de l’ouest de la France. Il s’agit du principal cas de déplacement de matériaux connu pour cette région. Le schiste rouge provient selon toute vraisemblance du lieu-dit la Forêt de la Cité, situé à 4 km. Le trajet descend légèrement, d’une altitude de 85 m à 75 m, avec deux courtes pentes où il remonte de 8 et de 5 m. Le lieu d’implantation choisi pour le monument devait être suffisamment important pour justifier de tels efforts. Ce n’est pourtant pas le point culminant de cette région au relief peu marqué. Depuis le site, la vue s’ouvre sur un angle de 120° vers le sud et embrasse une zone, le long de la vallée de la Seiche, qui pourrait correspondre au territoire des constructeurs.
Des vasques se sont formées par érosion au sommet des tables, ce qui prouve que le dessus des couvertures est resté très longtemps à l’air libre. La vitesse de cette dégradation n’étant pas connue, il est impossible de savoir si le monument a été recouvert un temps par un tumulus ou si ces pierres sont restées à l’air libre depuis leur mise en place. L’existence d’un tertre ou d’une structure entourant le dolmen n’a pas été démontrée.




