Petit-Chasseur, canton du Valais (Suisse)

Sion · dolmens

Nécropole qui connut plusieurs cultures, plusieurs religions et des rituels funéraires différents.

Fouille O.-J. Bockberger 1961/1973, M.-R Sauter et A. Gallay 1968/1969 et 1972

Coordonnées : 46° 13′ 53″ nord, 7° 20′ 54″ est

Les dates les plus anciennes relevées sur le site sont -5636/-5551 et -4964/-4844, sans qu’elles soient reliées à une occupation humaine – les traces pourraient être celles d’un incendie.
La présence d’une activité se situe vers -4583/ -4350.

Entre -4000 et -3800, des gens s’installent. Plusieurs fonds de cabane, des fosses-silos et quelques petites tombes du type Chamblandes datent de cette époque. Le plan de plusieurs maisons a pu être reconstitué.

Le mobilier recueilli et les matériaux utilisés témoignent de contacts avec le Bassin parisien, le sud de l’Allemagne, le nord de l’Italie et le midi de la France.

La file de 9 menhirs découverte au chemin des collines à proximité de l’emplacement où s’installera plus tard la nécropole est traditionnellement placée sur ces horizons du Néolithique Moyen, datés d’entre -4500/-3900.

La nécropole

Le site prend une importance majeure dans l’étude du mégalithisme à partir du Néolithique Final, avec l’installation d’une nécropole dont l’histoire peut se décomposer en une dizaine de phases.

Phase 1. Le dolmen MXII, construit aux alentours de
-3000 , est le prototype de monuments que l’on peut qualifier d’alpins. Il est constitué de 4 orthostates et d’une table enchâssée dans une longue structure trapézoïdale en pierre sèche longue de 13 m et large sur sa façade de 5,5 m ; 2 dalles-antennes prolongent les dalles latérales du coffre à l’avant du monument. Il n’a livré aucune stèle.

Phase 2. De grandes stèles sont dressées devant les monuments et d’autres sont abattues et participent des nouvelles constructions. La construction du dolmen MVI présente une architecture comparable au dolmen MXII. Le coffre central est composé de plusieurs stèles réutilisées.

Phase 3. Construction des dolmens MI, MV et MXI, qui ne possèdent plus de podium. Ils conservent une entrée latérale comme les monuments précédents et sont bâtis avec des stèles réutilisées. Apparition de la céramique campaniforme.

Phase 4. Violation. Le dolmen MVI, est vidangé de restes humains pour faire place à de nouvelles inhumations.

Phase 5. Six petits cistes sont édifiés autour du grand monument par les Campaniformes. Les stèles appartiennent à un style différent des précédentes.

Phase 6. Violation des sépultures, le mobilier funéraire est dispersé, les os humains rassemblés et brûlés. Une femme est déposée dans les restes du dolmen MXI. Des enfants sont inhumés soit dans les anciens coffres soit dans de petits caissons. De nombreuses traces d’incendie pourraient être liées à des rituels de condamnation.

Phase 7. La nécropole continue d’être fréquentée sporadiquement pendant l’âge du Bronze Ancien, sans usage funéraire. Des urnes sont déposées en bordure des monuments qui disparaissent sous des tas de pierres.

Phase 8. Une cabane est construite à l’emplacement de la nécropole.

Phase 9. À la fin du Bronze Ancien, quand les monuments ont disparu et sont recouverts par une couche de sédiment, une nouvelle activité funéraire reprend avec une série d’inhumations en pleine terre.

Les podiums

Les podiums qui entourent les dolmens sont construits avec soin. Ils ne sont pas un amas de pierres jeté au hasard pour recouvrir le dolmen, mais avec des parements ajustés. Ils pouvaient atteindre 1 m de hauteur et leur sommet affleurer la dalle de couverture. Des pierres spéciales ont été choisies pour leur couleur. Le plan de forme trapézoïdale est conçu pour offrir une perspective qui fera que l’édifice, vu de la plaine, présente une façade monumentale. Pendant toute la durée d’utilisation de la tombe, les murs seront soigneusement entretenus. Ce type de construction en pierre sèche demande une attention constante, chaque pierre tombée doit être remise à sa place au fil des ans.

Dépôts funéraires

Le dolmen MXII a livré les restes de 90 individus des deux sexes et de tous âges. Ils sont accompagnés d’un riche mobilier : poignards, pointes de flèches, haches, et toutes sortes de parures. La première phase d’inhumation est totalement remaniée. Les ossements ont été extraits et amoncelés au nord-ouest de la nécropole. Une nouvelle série d’inhumations commence avec le dépôt d’un homme d’une trentaine d’années et se poursuit par l’accumulation d’autres défunts. Les squelettes sont respectés autant que possible. Les os sont régulièrement manipulés pour faire de la place. Les crânes sont regroupés auprès de la dalle sud ; 59 ont pu être dénombrés.

Le dolmen MVI présente 3 phases d’inhumation principales. Les ossements des premiers inhumés seront vidés par les nouveaux occupants : les Campaniformes. Dans l’espace dégagé est introduit un personnage de 20 à 30 ans, ensuite un homme plus âgé, entre 35 à 45 ans. En tout, 33 individus sont déposés dans la tombe. La durée d’utilisation s’étend sur plus de 5 siècles.

Plan général du site du Petit-Chasseur à Sion (Suisse)
Plan général du site.
Le tumulus MVI et son tertre du site du Petit-Chasseur à Sion (Suisse)
Le tumulus MVI et son tertre trapézoïdal.
Restitution du tumulus MVI du site du Petit-Chasseur à Sion (Suisse)
Restitution du tumulus MVI.
Le dolmen MXI du site du Petit-Chasseur à Sion (Suisse)
Le dolmen MXI.

Pour plus d'informations : Dolmens et menhirs de Méditerranée