Champ-Durand, Vendée
Nieul-sur-l’Autise · enceinte
Plus de 250 enceintes sont connues dans le Centre-Ouest, plus d’une dizaine ont été fouillées. Toutes ces fouilles sont partielles. Il faut de nombreuses campagnes pour seulement effleurer l’ensemble du monument. Leurs rapports avec le mégalithisme est tout aussi variable.
Fouille Roger Joussaume 1975/1988
Coordonnées : 46° 25′ 28″ nord, 0° 40′ 41″ ouest
Leurs fonctions suscitent de nombreuses hypothèses : village, lieu de culte, lieu de rassemblement… Toutes sont vraisemblables. Leur usage a varié selon les époques. Il est avéré, aujourd’hui, qu’à certaines époques elles ont abrité des habitations.
Pour le Néolithique Récent, l’une des mieux connues est celle de Champ-Durand à Nieul-sur-l’Autise en Vendée. La fouille, qui s’est déroulée sur plus de 10 ans avec un nombre important de fouilleurs et de collaborateurs scientifiques spécialisés, n’a pu explorer qu’une petite partie du site.
Trois fossés concentriques enserrent une surface d’un diamètre de 250 m. Ils ont des largeurs décroissantes vers l’extérieur. Le plus grand mesure 5 à 7 m de large pour 2,30 m à 2,60 m de profondeur. Les sédiments extraits de leur creusement furent utilisés pour élever 3 remparts. Leur épaisseur est estimée à 5 à 6 m, et leur hauteur à environ 2,50 m. Une douzaine d’interruptions coupe les 3 lignes de fossés. Elles ne sont pas toutes contemporaines. Il semble que le lieu fut relativement ouvert. Il se ferme vers la fin du 4e millénaire. Le site n’a été occupé que pendant 2 à 3 siècles. Pendant ce temps, il se transforme en forteresse, ce qui n’était pas sa fonction première. Les très nombreuses pointes de flèches recueillies au pied des remparts, à une époque où la chasse n’est pratiquement plus pratiquée, comme l’adoption des entrées en forme de pince de crabe, plaide pour l’existence de conflits et le renforcement de la fonction défensive.
Bien qu’il y ait de vastes espaces inoccupés, ces enceintes abritaient des maisons. Les vides pouvant servir de pacage ou de lieu de réunion. Le mobilier découvert atteste ces occupations domestiques. Il permet de donner aussi quelques détails de la vie des occupants : ils mangeaient du bœuf (54 % des ossements retrouvés), du porc pour 1/5e et, pour la même proportion, du mouton et de la chèvre. La laine des moutons était utilisée pour le tissage et le lait pour le fromage. Ils mangeaient aussi des coquillages qu’ils récoltaient dans les environs.
La découverte de squelettes dans des niches aménagées sur les parois des fossés ouvre un autre débat sur une fonction funéraire à un moment où les dolmens ont cessé d’être construits. Le site est abandonné vers - 3200/-3100.


