Barnenez, Finistère
Plouezoc’h · cairn à dolmens multiples
Le cairn donne un échantillonnage de ce que seront les modes de construction des mégalithes du Néolithique : des dolmens en pierre sèche avec des couloirs bordés de murets recouverts de dalles, des dolmens en pierre sèche avec des dalles verticales plaquées ou qui complètent des murets de pierre sèche et, enfin, des dolmens constitués de grandes dalles soutenant les pierres de couverture.
Fouille P.-R. Giot 1955/1968
Coordonnées : 48° 40′ 03″ nord, 3° 51′ 31″ ouest
Deux grands ensembles se distinguent. L’un abrite cinq dolmens, l’autre six, pour constituer en fin de compte un monument homogène. Le premier cairn construit mesure 35 m de long et 20 m de large, soit un peu moins de la moitié de ce que sera le cairn final. Quatre de ses dolmens sont construits en pierre sèche et un seul est constitué de grandes dalles. L’un des monuments préhistoriques les plus célèbres de France possède très peu de grandes dalles. L’essentiel de la construction est en pierre sèche. Celle-ci ne constitue pas seulement le cairn, mais la plupart des couloirs et des chambres funéraires.
Deux dolmens (G et G’) sont construits en premier. Leur couloir, long de 11,50 m, subit un fort rétrécissement à mi-parcours. À cet endroit, les traces d’un mur de parement furent détectées. Elles sont probablement les vestiges de la façade d’un petit cairn qui englobait les deux chambres. Celles-ci n’ont livré aucun mobilier archéologique. Des charbons de bois ont pu y être prélevés et soumis à une datation au carbone 14. Celle de la chambre G livra la date de -4938/-4330. La marge d’erreur est importante.
Les deux premières structures sont ensuite incluses dans un monument plus important. Leurs couloirs sont rallongés de 5 m. La construction primaire est non seulement respectée, mais la nouvelle construction ménage leurs accès.
Dans le couloir du dolmen J se trouve une dalle gravée d’une idole en « écusson ». Ce symbole, fréquent dans les monuments du Morbihan, indique une unité culturelle entre le nord et le sud de la Bretagne. Un symbolisme qui s’étendait bien au-delà. Dans ce cas, le motif n’est pas placé dans sa position habituelle. Cela laisse supposer que la pierre sur laquelle il est inscrit est une réutilisation et proviendrait d’un autre monument antérieur détruit. Chaque détail montre un perpétuel réaménagement et une vie intense du monument.
Pour le dolmen H, la construction se fait aussi en deux temps. Le couloir s’élargit à un endroit. Dans le I, les parois qui étaient en pierre sèche sont, à ce niveau, constituées de grandes dalles. Un cairn primaire, dont les limites correspondraient au premier parement interne, serait ensuite agrandi. Comme dans le cas précédent, les accès sont soigneusement préservés.
Le deuxième cairn, qui viendra s’accoler au premier, compte six dolmens. La fouille ne l’a pas démontré avec certitude, mais il est fort probable que tous les dolmens n’aient pas été construits en même temps. Les couloirs des deux ensembles n’ont pas la même orientation. Malgré cela, les constructeurs ont souhaité que la façade soit rectiligne et que le nouveau bâtiment s’intègre au premier et fasse, au final, un seul ensemble cohérent.
Tous les couloirs montrent des remaniements, à l’exception du dolmen A, qui est construit en une seule fois. Il est bordé de dalles verticales. La plupart ne supportent pas les pierres de couverture, qui reposent sur des murets en pierre sèche. Il est le dolmen le plus occidental et serait le dernier construit entre -4580 et -3965 selon le carbone 14.



