Crottes, Vaucluse
Roaix · hypogée
Cité dans tous les débats sur la naissance de la guerre, les premières interprétations étant remises en doute. Guerres, épidémies et faits divers sont peu perceptibles dans les dépôts funéraires.
Fouille J. Courtin 1965-1966
Coordonnées : 44° 14′ 32.7″ nord, 5° 00′ 49.3″ est
Le plafond de l’hypogée s’étant effondré, seule une surface de 6 m x 6 m était conservée. Il y demeurait les restes d’environ 200 individus. Leur nombre devait être plus important avant les dégâts provoqués par l’érosion. Plusieurs niveaux funéraires se superposent. Sur le sol dallé de galets reposait une couche d’ossements épaisse de 40 cm. Intrusion, apport de nouveaux corps et rangement provoquent un désordre que connaissent bien les archéologues. Ce niveau est daté de -3035/-2315.
Au-dessus, une couche de plusieurs dizaines de centimètres signale une période d’abandon. C’est sur celle-ci qu’un empilement de corps inhabituel reposait. Le grand nombre d’ossements en connexion et leur disposition font penser à un dépôt de cadavres dans un intervalle de temps court ou en même temps. Dès leur découverte, il fut évoqué une sépulture de crise due soit à la guerre soit à une épidémie provoquant un grand nombre de décès proches ou simultanés. Trois pointes de flèches fichées dans des os font penser à un conflit. La présence de femmes parmi les défunts n’exclut pas l’idée d’un massacre. Ce niveau contenant 34 individus est daté de -2940/-2195. Si une étude plus récente réfute la notion de nécropole de catastrophe et de couches de morts dues à la guerre, il est indéniable que pendant la durée d’utilisation de l’hypogée, un changement du rituel d’inhumation eut lieu. La couche centrale présente des caractéristiques peu fréquentes. Les causes peuvent en être multiples et aucune hypothèse proposée ne peut être définitivement adoptée.
La troisième couche supérieure présentait un ensemble d’ossements correspondant au schéma des nécropoles collectives.


