Treytel-A, canton de Neuchâtel (Suisse)
Bevaix · groupe de menhirs
Parmi les plus anciens menhirs érigés en Europe.
Fouilles K. Sutter, O. Michaud et R. Dieterle 1996-2000
Coordonnées : 46° 55′ 20″ nord, 6° 48′ 21″ est
La plus ancienne date obtenue par le carbone 14 sur le site se situe vers -4600. Une agriculture sur brûlis est pratiquée depuis le début du 5e millénaire dans la région. Comme d’autres sites analogues, les champs jouxtent, à certains moments, le site consacré aux rituels. Une présence humaine est attestée jusqu’en -3800. Sur les 12 menhirs découverts, 2 sont brisés. Le plus grand mesure 3,50 m de hauteur et pèse approximativement 4,5 tonnes, tandis que le plus petit a 74 cm de haut pour un poids d’environ 40 kg. Neuf des menhirs forment une file de 30 m de long. L’alignement que constituent les pierres semble suivre davantage la configuration du terrain que des visées astronomiques. Six pierres ont subi un aménagement sommaire pour établir une symétrie dans leur forme. Le bloc M7 est considéré comme une statue-menhir. L’épaulement qu’il présente du côté droit est naturel, tandis que la pierre a été rectifiée du côté gauche. Les bras et les mains y sont figurés de façon claire. Des traits obliques peuvent être interprétés comme représentant des côtes ou des détails de l’habillement.
Vingt-deux foyers ont été reconnus sur la surface fouillée. Le plus grand nombre se trouve au sud de l’alignement principal. Il existe des aires de combustion importantes et de petits feux, dont le diamètre varie entre 45 et 100 cm. Ils n’ont pas tous le même usage : certains ont pu être allumés à des fins pratiques, sans lien avec les menhirs. D’autres sont des foyers communautaires, dont la longueur varie de 1,10 m à 1,60 m. Le foyer n° 17, qui mesure 1,60 m x 1,40 m, est daté de -4340/-3990. Les grandes structures de cuisson, assimilables à des festins collectifs, sont moins nombreuses que les menhirs.
Entre -3900 et -2900, aucune fréquentation éventuelle du site n’a laissé de traces.
Un deuxième épisode commence entre -2900 et -2600 : les lieux connaissent à nouveau une activité. Une nouvelle culture s’est installée sur les rivages du lac. La présence d’activités sur le site est liée à la taille et au polissage des outils de pierre, sans qu’un lien soit établi avec le caractère sacré que le lieu avait précédemment.
La présence de céramiques campaniformes et de populations de l’âge du Bronze est attestée par 5 datations au carbone 14, sans qu’elles puissent être reliées aux pierres dressées. Au cours du 2e millénaire, le site est abandonné.
