Derrière-les-Prés, Calvados

Ernes · dolmen à encorbellement

Comme tous les monuments en pierre sèche, son élévation suit un plan soigneusement établi lors de sa conception.

Fouille de M. Belivet en 1840, G. San Juan & J.-L. Dron, 1980-1990

Coordonnées : 49° 01′ 36″ nord, 0° 07′ 43″ ouest

La première occupation se traduit par la présence de céramiques attribuées à la culture de Cerny. Elle correspond probablement à un habitat antérieur à l’implantation du monument funéraire.

Sur le paléosol se trouvaient 5 structures de combustion. Deux sont des foyers à plat, situés de part et d’autre de l’emplacement qu’occupera le couloir. Ils sont en relation avec la construction du monument ou antérieurs à celle-ci et ils n’ont pas pu être utilisés une fois la tombe terminée. Ils sont datés du milieu du 5e millénaire. Les 2 autres foyers sont en cuvette et remplis de gros galets. Ils fonctionnaient en couple : l’un était alimenté en bûches et l’autre recevait les braises. Ils ne se trouvent pas sous la tombe, mais à proximité immédiate. Ils sont soit en relation avec la construction du monument, soit témoignent de réunions faites à l’occasion de cérémonies accompagnant les morts.

De petites fosses de 15 cm de diamètre, soutenant des poteaux, suivent un plan qui préfigure celui de la chambre. Un bâtiment en bois a précédé l’édifice en pierre, soit pour en définir la forme, soit comme une première construction légère et ensuite transformée pour être plus pérenne.

Le cairn est circulaire, avec un diamètre de 14,50 m. Un couloir de 7,80 m de long et large de 1,55 m dessert la chambre. Il est conservé sur une hauteur de 70 cm. La chambre a reçu un dallage composé de pierres de 20 à 50 cm. La construction s’est déroulée en une phase unique. De la chambre ronde partent 9 murets rayonnants qui aboutissent au mur du parement extérieur. Les interstices de cette structure en forme de roue ont ensuite été comblés. Cette charpente de pierre, qui donne de la solidité au bâtiment, peut aussi avoir une signification autre que purement architecturale. Le compartimentage ou les rayons pourraient symboliser des partitions dans l’espace social ou dans le domaine religieux.

La fouille de 1844 a livré les restes de 11 individus et de 3 enfants, dont 2 avaient moins de 5 ans. L’un des squelettes est celui d’un homme atteint de nanisme, qui mesurait entre 100 et 120 cm. Il était bossu et souffrait de malformations qui l’empêchaient d’assumer seul sa survie. Il a vécu jusqu’à l’âge adulte. Les écrits ont beaucoup glosé sur l’entraide nécessaire pour assurer sa vie quotidienne. Toutes ces remarques abondantes, qui témoignent d’un étonnement, reflètent la vision des sociétés de la fin de la préhistoire, où les hommes et les femmes étaient considérés comme demi-sauvages et auraient été incapables de s’occuper d’une personne handicapée.

L’entretien du monument a nécessité l’ajout d’un nouveau cercle de pierres, venant renforcer les deux parements précédents.

L’histoire du monument peut se résumer en plusieurs phases : une première occupation domestique vers -4500, l’établissement d’une structure en bois, la phase de construction vers -3900, une phase d’utilisation relativement courte ne concernant que quelques générations autour de -3800, le renforcement du monument vers -3700, puis son abandon.

Vue aérienne des structures rayonnantes du dolmen de Derrière-les-Prés à Ernes (Calvados)
Les structures rayonnantes apparues lors de la fouille.
Plan du dolmen de Derrière-les-Prés à Ernes (Calvados)
Plan du monument.

Pour plus d'informations : Dolmens de la Normandie à l’Auvergne