Isserts, Hérault
Saint-Jean-de-la-Blaquière · dolmen
Plusieurs phases de construction se distinguent. Dans un premier temps, la structure est circulaire. Son parement fait de gros blocs est conservé à certains endroits sur deux assises.
Fouille Noisette Bec-Belon 2016
Coordonnées : 43° 42′ 17″ nord, 3° 26′ 06″ est
La morphologie du terrain présente une alternance de couches de roches dures et de roches tendres. Les grosses roches vont se détacher par la force de la pesanteur quand l’érosion aura sapé les roches tendres. Elles sont sur les hauteurs et fournissent des dalles idéales pour la construction de dolmens. Si les constructeurs cherchent les points culminants, ils choisissent ces lieux juste au-dessous de ces blocs erratiques. De cette façon, il n’y a qu’à faire glisser le ou les blocs. Cela évite tout transport et facilite la construction. Cette méthode du moindre effort se retrouve fréquemment sur les monuments de la région.
La table, qui fut remise en place il y a plus de 70 ans, repose sur 2 piliers latéraux. Ils enserrent la dalle de chevet en partie détruite, comme l’est la pierre qui marque l’entrée. Sur celle-ci se distinguent des traces du bouchardage réalisé pour créer un passage en cul-de-four. L’espace funéraire a 2 m de long et 1,50 m de large. Le sol est dallé, ainsi que le couloir. Celui-ci, large d’1 m, est constitué d’un côté de pierre sèche, de l’autre d’une dalle longue de 2 m. L’appareillage est soigné, les pierres ayant été équarries sur leur surface apparente.
Avant la fouille, les limites du « tumulus » étaient imprécises. À quelques années d’intervalle, trois archéologues ont établi un plan du monument. Le diamètre en varie de plus de 15 m à moins de 10 m.
Après un temps d’utilisation qu’il n’est pas possible d’estimer, le site est abandonné. Il se dégrade et tombe en ruine. Sur ces vestiges, une nouvelle construction vient s’implanter. Elle va englober les restes de l’ancien monument et s’approprier la construction mégalithique. De circulaire, la structure devient hexagonale. Le couloir est rénové et une couche de dallage est posée. Ces deux périodes de la vie du monument appartiennent à deux horizons culturels différents. Cette deuxième phase se situe entre -2600 et -2200 sans que l’on sache la durée exacte qui la sépare de la première.
Une troisième phase verra la construction de 2 murs de part et d’autre de l’entrée. Ils forment 2 antennes et limitent une exèdre. Cette façade s’ouvre sur une cour de forme trapézoïdale de 14 m².
Entre ces deux antennes, aucun ossement humain n’a été découvert. Cependant, les très nombreux tessons qui y furent mis au jour témoignent d’une activité directement liée au culte des morts. Ces céramiques seraient les restes d’offrandes ou les résidus de cultes qui avaient lieu dans le monument.
La chronologie des différentes étapes de la vie du monument pourrait s’établir ainsi :
Phase 1 : -3962/-3797, construction du dolmen et d’un tertre circulaire.
Phase 2 a : -2834/-2471, appropriation du dolmen et construction sur les ruines de l’ancien d’une nouvelle structure de forme hexagonale ; réfection du couloir.
Phase 2 b : -2600/-2200 : construction de deux murs devant l’entrée.
Phase 2 c : -2340/-2140 : fréquentation du site sans modification architecturale.
Phase 3 : -1680/-1427 : foyer et dépôt « rituel » de l’âge du Bronze.

