Pech Laglaire, Lot
Gréalou · dolmens
Dans la commune de Gréalou, où les dolmens sont nombreux, trois monuments se trouvent sur le Pech (Mont) Laglaire. Le plus haut, proche du point culminant, domine les deux autres. De son emplacement, le regard embrasse un horizon de vastes plateaux.
Fouille Vincent Ard 2022/2023
Coordonnées : 44° 32′ 05″ nord, 1° 51′ 55″ est
Avant la fouille, ce dolmen se présentait comme un monticule identique aux pierriers qui parsèment le causse. Seules deux dalles verticales dont les sommets surgissaient permettaient de se convaincre qu’il s’agissait d’un des 617 dolmens que le ministère de la Culture recense dans le département du Lot. Sa table brisée s’est effondrée dans la chambre. Chercheurs de trésor, antiquaires expéditifs en avaient, depuis longtemps, bouleversé l’intérieur. Mais chaque monument conserve en lui de multiples informations.
Le dolmen 1, qui a fait l’objet de la fouille, se présente dans un cairn long de 18 m et large de 15 m. Il y a en fait deux dolmens. La chambre du plus grand mesure 3,40 m × 1,40 m. Le second se trouve à 2 m du chevet du précédent. Il est plus petit avec une largeur d’environ 1 m.
Dans le caveau principal, un lambeau de couche funéraire préservée contenait plusieurs regroupements d’os en fagots, preuve des rangements effectués par les fossoyeurs pour faire de la place. Ces espaces restreints devaient accueillir de nombreux défunts. Un vestige de dallage recouvrait le fond de la chambre.
Deux prélèvements sur ces os ont permis des datations cohérentes, au C14, l’une de -3652/-3373 et l’autre de -3625/-3373. Cette dernière a été faite sur un os provenant de la base du calage d’un support et doit correspondre à la première utilisation de la tombe. Ce sont les plus anciennes dates connues pour le mégalithisme caussenard.
Si tous ces monuments paraissent simples, la fouille révèle une histoire plus complexe. Elle peut se résumer en 4 épisodes principaux.
Une première phase, très hypothétique, aurait vu un monolithe dressé.
La deuxième serait l’édification du petit dolmen entouré d’un cairn trapézoïdal, comme il est courant dans le Quercy. L’entrée du dolmen se trouve sur la façade du plus grand des petits côtés légèrement en retrait de la plateforme au profil incliné. Pendant son utilisation, le sommet du mégalithe demeurait visible.
Pendant la troisième phase, un deuxième dolmen est élevé, enchâssé dans un nouveau tertre de même forme que le précédent, de 7 m de large sur sa façade et qui est conservé sur une longueur de 6 m.
Une dernière étape marquera la fin du monument. Il est alors recouvert par un tumulus circulaire de 15 m de diamètre. Les parties arrière des structures qui entouraient les dolmens sont détruites pour ne pas dépasser. De petites dalles plantées verticalement l’entourent. Ces travaux se déroulent pendant le Néolithique. Cela correspond à l’arrêt du fonctionnement de la tombe et à la volonté de condamner le monument à tout jamais. Enfin, de petites pierres plates le recouvrent, formant une sorte de carapace. Le site devient alors invisible, réduit à une simple ondulation du terrain comme il s’en présente beaucoup sur les plateaux. Il sera cependant choisi au Moyen Âge pour recevoir une tombe.



