Pérottes, Charente
Fontenille · dolmen
Situés entre les tumulus de Tusson, la nécropole de Chenon et celle de la Boixe, les dolmens des Pérottes sont au cœur d’une région qui a conservé un nombre considérable de monuments funéraires du Néolithique.
Fouille Vincent Ard 2012/2013
Coordonnées : 45° 54′ 45″ nord, 0° 08′ 36″ est
La Petite et la Grande Pérottes se détachent sur l’horizon, comme l’avaient voulu leurs constructeurs, il y a près de 5 000 ans.
Le couloir de la petite Pérotte, de 7,60 m, donne accès à une chambre de 4,7 m², longue de 2,60 m et large de 1,80 m. Une chambre latérale donne dans ce couloir avant l’entrée de la chambre. Dans les deux dalles mises côte à côte qui ferment l’entrée ont été aménagées des échancrures qui créaient une sorte de hublot, qui permettait le passage vers l’espace sépulcral. Les faces intérieures des supports sont finement apprêtées pour offrir une surface régulière. La dalle de couverture de 4,75 m sur 2,60 m a une épaisseur remarquable de 1,40 m et pèse dans les 40 tonnes. Son site d’extraction se trouverait à 6 ou 7 kilomètres.
Elle a pu être transportée par terre ou plus probablement par eau sur des radeaux, technique que l’on suppose maîtrisée à cette époque pour d’autres énormes blocs, comme ceux de Locmariaquer. Elle est soutenue par 9 piliers dont les surfaces internes ont été aplanies et lissées par martelage et frottement. Comme beaucoup de monuments de type angoumoisin, le sommet et les bords des orthostates ont été équarris. Le soin apporté à l’aspect régulier de la pierre à l’intérieur de la chambre demande un gros travail. On peut penser qu’il a servi à la préparation pour application de la peinture. La finesse et la régularité des piliers s’opposent, volontairement, à la masse brute de la table. La chambre est dallée. Une porte devait avoir été aménagée. Le long du couloir, une cellule en pierre sèche a une surface d’environ 2 m². Elle est couverte d’une dalle unique de 3,55 tonnes. Elle a livré les restes de 2 petits vases du Néolithique Moyen. La chambre contenait un mobilier archéologique très mélangé. Les éléments d’un dépôt funéraire furent mis au jour dans le fond de la chambre datant du Néolithique Final et des porteurs de la céramique campaniforme, ce qui démontre une réutilisation du caveau.
Un tertre de 15 m de diamètre est ceinturé par 2 murs concentriques. Il est possible que le 2e mur extérieur ait été édifié dans un second temps. La hauteur originelle du cairn n’est pas connue. Il aurait pu atteindre la base du bloc de couverture : ainsi, l’effort consenti pour le transport de la table serait visible. Cela pourrait expliquer le choix d’une pierre aussi épaisse. Des fragments de 6 vases supports ont été découverts. Malgré leur nom, ils ne servaient pas de socle à des pots. Ils étaient des récipients où l’on faisait se consumer du charbon de bois mélangé à des plantes aromatiques. L’un de ces brûle-parfums fut découvert au pied du mur de parement, à l’extérieur.


