Table des Marchands, Morbihan

Locmariaquer · dolmen à couloir

Monument emblématique, sujet d’une multitude de cartes postales donnant une vision fausse de ce que furent les dolmens. Depuis, le monument a été restauré dans un état plus proche de ce qu’il fut au Néolithique.

Fouille Jean L’Helgouach 1986/1994

Coordonnées : 47° 34′ 18″ nord, 2° 56′ 59″ ouest

Si l’archéologie a pu reconstituer l’ordre de succession des différents monuments, elle n’a pas encore déterminé le temps qui sépare les constructions du tumulus d’Er Grah et de la file de stèles. La tombe collective monumentale sera la dernière construction. Le dolmen adoptera l’architecture des monuments funéraires de cette époque nouvelle : le dolmen à couloir. Il sera bâti à proximité des ruines de l’ancienne file de stèles. Il utilisera le fragment de l’une d’elles pour constituer sa table. Les motifs qui la décoraient sont coupés et positionnés dans un sens qui ne correspond pas à leur lecture originelle.

Les fragments du Grand Menhir brisé étaient probablement en attente d’un transport vers un nouveau monument qui ne fut jamais construit.

Le monument fut d’abord inscrit dans un cairn presque circulaire, de 16,50 m à 20 m de diamètre, entouré d’un mur bien construit. Ce mur était incliné pour former un cône tronqué. Il est conservé sur 1,75 m de hauteur. Il est possible que sa hauteur n’ait pas dépassé le sommet de la table, laissant celui-ci apparent.

Un second mur entoure l’ensemble à l’extérieur et porte ses dimensions à 24 m et 29 m. Le couloir mène à une chambre octogonale. Les piliers sont en granite local. Deux d’entre eux, face à face au milieu du couloir, sont en orthogneiss et semblent indiquer un passage symbolique. La dalle de chevet est unique dans le monde des dolmens. Elle est en grès, matériau peu utilisé dans cette région. Les premiers affleurements de cette pierre se trouvent à une dizaine de kilomètres. Ce matériau a permis la finesse du décor gravé en champlevé.

Le fouilleur considère que cette pierre était d’abord une stèle appartenant au premier grand ensemble de pierres levées, bien qu’elle n’ait probablement pas fait partie de l’alignement et qu’elle ait été placée légèrement à côté. À l’inverse des autres pierres réutilisées dans les mégalithes, pour lesquelles les gravures ne sont pas respectées (fractionnées, non orientées dans le sens de lecture ou cachées dans la masse du cairn), celle-ci occupe une place d’honneur. Elle est respectée dans son intégralité. La hauteur inhabituelle de la chambre, 2,50 m, a été choisie en fonction de sa taille et pour éviter qu’elle ne soit brisée.

Carte postale traditionnelle du dolmen de La Table des Marchands à Locmariaquer (Morbihan)
Image traditionnelle du monument reproduite à l’infini pendant près d’un siècle.
Le cairn et l’entrée du couloir de La Table des Marchands à Locmariaquer (Morbihan)
Le cairn et l’entrée du couloir.
La fouille en cours de La Table des Marchands à Locmariaquer (Morbihan)
La fouille en cours.