Trépanation
La trépanation est pratiquée dès les 6e/5e millénaires en Alsace et en Italie. C’est à la fin du Néolithique que cette intervention chirurgicale est la plus fréquente. Elle diminue fortement après -2000. Ces interventions ne sont pas dues à des blessures sur la tête ou des blessures lors de combats. Elles étaient pratiquées pour soigner des maux que la médecine moderne ne peut pas définir.
Dans la France méridionale, sa fréquence est surprenante. L’Aveyron et la Lozère connaissent le plus grand nombre de trépanations. 170 cas y sont recensés pour environ 600 pour toute l’Europe. Aux Baumes Chaudes, Lozère, 60 sujets avaient subi cette intervention sur les 300 défunts qui ont été décomptés.
Elle est pratiquée sur les hommes, les femmes et les enfants. Si cette opération n’était réalisée que pour réparer des blessures faites au combat, elle ne devrait concerner que les hommes adultes.
On estime entre 70 % et 90 % le taux de réussite de ces opérations. Cela prouve la dextérité de ces chirurgiens équipés de bistouris en silex. Le praticien devait avoir reçu une formation. Ces opérations sont pour la plupart chirurgicalement parfaites. La découverte d’os longs présentant des fractures réduites témoigne aussi de la maîtrise des médecins.
Pour les interventions sur le crâne, il fallait d’abord diagnostiquer les cas qui la nécessitaient, déterminer l’endroit de l’intervention, et ensuite la pratiquer. Même si cela était fortement teinté de croyance, le patient devait accepter ce traitement et être persuadé de sa réussite. Cette connaissance médicale était le fait de spécialistes que toutes les communautés ne pouvaient pas avoir en leur sein. Des médecins itinérants voyageaient-ils à travers les pays et étaient-ils consultés lors de leur passage ?
De nombreuses hypothèses ont été proposées pour expliquer les raisons médicales qui auraient pu provoquer de tels actes. Elles ne sont effectuées après un traumatisme que dans des cas très rares. Si elles répondaient à des symptômes précis, l’on sait aujourd’hui qu’elles n’en étaient pas le remède. Les chercheurs n’ont pu déterminer aucune maladie qui aurait nécessité cette intervention. Les médecins possédaient une technique remarquable, pour ne soigner aucun mal connu.
La forte densité ou l’absence de trépanation selon les aires géographiques montre que cela est plus un phénomène culturel qu’un remède médical.


