Époigny ou Pièce des Tourteaux, Saône-et-Loire
Couches · groupement de menhirs
Le plus grand ensemble de menhirs de Bourgogne encore existant se compose de 7 menhirs. L’emplacement d’origine des blocs est inconnu.
Études : L. Lagrost & P. Buvot
Coordonnées : 46° 52′ 35″ nord, 4° 32′ 04″ est
Certains menhirs ont été redressés dans les années 1980 sans aucune fouille. Deux calages ont été repérés, mais les menhirs n’y ont pas été placés. Il est impossible de savoir si les pierres formaient un alignement, une enceinte ou un champ de menhirs. Les menhirs survivants ont pu appartenir à un ensemble beaucoup plus conséquent.
Le plus grand mesure 7,30 m et pèse plus de 20 tonnes ; le second en taille atteint 5,80 m. Une urne cinéraire datant du Bronze Final a été découverte à proximité du calage.
La pierre qui les compose, un granite à deux micas, n’est pas locale. Les affleurements les plus proches se situent à 2 km. Les menhirs sont dégrossis et polis par percussion. Ils montrent des gravures. Sur le menhir 1, vers le haut, sous un bandeau, un signe est interprété comme un anthropomorphe. Au centre, 3 cupules ; vers le bas, une hache emmanchée. Le menhir 2 ressemble plus à une stèle. La figuration d’un trait surmonté d’un cercle a été comparée au motif que l’on voit sur les statues-menhirs du Rouergue et que les archéologues ont baptisé « l’objet ». Sur des monolithes, des rainures sont visibles et témoignent de tentatives de débitage. Elles ne sont pas réalisées avec des instruments métalliques et pourraient dater du Néolithique. Trois menhirs sont fragmentés ; ils appartenaient à des monuments plus grands. Ces marques sont perceptibles sur d’autres menhirs de la région. Il est possible que les monuments aient subi une destruction volontaire.
Des champs de menhirs aussi grands, ou plus vastes, ont pu exister. Près d’Autun, dans l’ancienne commune de Saint-Pantaléon, des chercheurs ont repéré et relevé en 1882 le plan d’une trentaine de pierres dressées. À la suite de différentes péripéties, elles furent redressées puis enfouies. Quatre blocs sont encore visibles. Une gravure ancienne, faite d’après une photographie, fait penser à un bel ensemble. Les plus proches gisements de granit qui composent ces blocs se trouvent à 6 km.


