Saint-Claude, Oise

Bury · allée sépulcrale

Cinquante-cinq datations C14 furent réalisées, permettant de dater les différentes phases d’utilisation que connut le monument. 299 individus sont identifiés dont 182 peuvent être replacés dans un contexte stratigraphique.

Fouilles de J. Leclerc et L. Salanova (2011/2007)

Coordonnées : 49° 19′ 26″ nord, 2° 20′ 53″ est

La tombe se trouve sur le versant d’une colline, à 30 m du cours du Thérain, un affluent de l’Oise. Six autres sépultures collectives détruites sont signalées dans un rayon de 10 km.

Le monument est semi-enterré. Ne devaient dépasser du sol qu’une partie de ses murs et une toiture végétale. Sa fosse d’implantation mesure près de 19 m de long et 3,80 m de large. Elle est la tombe la plus longue de ce type. Le monument est construit en bois dans un premier temps. Un dallage est posé dès son premier usage. Sa longueur fut réduite au fil de ses transformations ainsi que sa structure générale. Ses parois sont en bois, renforcées de murs en pierre sèche. Quelques grandes dalles sont présentes. Leur position initiale n’a pas pu être déterminée. L’élément mégalithique aurait un rôle symbolique. Une dalle hublot marque l’entrée avec un système de fermeture élaboré. Un plancher de bois recouvrait le pavement.

La première phase, située entre -3500 et -3000, voit un dépôt des cadavres en trois zones : deux bandes le long des parois et une aire à l’arrière du monument. La partie centrale étant réservée au passage. Les corps sont allongés, les bras le long du corps. C’est la position la plus naturelle. Ils suivent l’orientation des parois et regardent l’entrée. Après la décomposition, les crânes des adultes sont retirés.

La deuxième phase, comprise entre -3500 et -2470, voit la partie orientale de la chambre presque entièrement vidée. La totalité de la surface de l’espace funéraire va recevoir de nouveaux morts, il est organisé en zones distinctes. Ils sont placés en position hyperfléchie sans orientation préférentielle. Les positions des squelettes sont régulièrement perturbées par des rangements des ossements : les os longs mis en faisceaux et les crânes rejetés le long des parois. Aucun prélèvement d’ossement n’est effectué.

La troisième phase correspond à des épisodes de fermeture et de condamnation. Après une destruction partielle des parois et de la couverture de la chambre, une couche de pierres vient se superposer à la couche d’inhumation. Certaines grandes pierres sont brisées. Dans le niveau supérieur, des restes de bovidés et de porcs ainsi que des fragments de céramiques datent de l’âge du Bronze Ancien, entre -2135 et -1905. Le secteur arrière de la chambre est scellé par une dalle pesant plus de 5 tonnes.

Une étude anthropologique détaillée sur 41 individus de la première phase et 9 individus de la deuxième phase, soit une période allant de -3500 à -2470, montre une permanence biologique du groupe humain. Aucune grande migration ou aucun changement de la population ne touche la communauté qui utilise cette tombe.

La différence entre les deux groupes pourrait indiquer des activités différentes pour chaque époque. Dans la seconde phase, moins d’individus sont inhumés, l’accès à la tombe étant plus restrictif et réservé à une partie de la population. Comme dans beaucoup de ces sépultures, les enfants de moins de 5 ans sont exclus ou en tout petit nombre.

Une rupture de près de quatre siècles sépare les deux principales phases d’utilisation. Cette phase d’abandon peut avoir de multiples raisons. Les nouveaux utilisateurs sont les descendants lointains des constructeurs et des premiers inhumés. Pourtant, des changements profonds ont eu lieu dans la société. La découverte d’habitats allongés entre -2900 et -2400 montre une modification de l’organisation de l’espace domestique. L’espace funéraire est aussi organisé différemment. La rupture vers -2400 est plus importante dans les mentalités. Elle marque l’abandon du collectif dans la mort, et les tombes redeviennent individuelles. Cela est associé à l’apparition du phénomène campaniforme.

Vue partielle d’une couche sépulcrale de l'allée sépulcrale de Saint-Claude à Bury (Oise)
Vue partielle d’une couche sépulcrale.
Vue d’une partie de couche sépulcrale de l'allée sépulcrale de Saint-Claude à Bury (Oise)
Vue d’une partie de couche sépulcrale.
Hypothèse de restitution de l'allée sépulcrale de Saint-Claude à Bury (Oise)
Hypothèse de restitution de la construction en bois de la sépulture.

Pour plus d'informations : Dolmens de la Normandie à l’Auvergne