Butte à Luzerne, Manche

Vierville · dolmen

Des pierres d’un calcaire différent de celui qui constitue la masse du cairn sont rougies par le feu. Leur glissement dans les éboulis est ancien. Une hypothèse plausible voudrait qu’elles proviennent du haut du cairn. Il est possible d’imaginer des feux au sommet du cairn liés à des rituels consacrés aux cultes des morts.

Fouille par G. Verron, 1972-1986 & Chancerel, 1984-1986

Coordonnées : 49° 21′ 28″ nord, 1° 16′ 31″ ouest

Un premier cairn (A), de forme circulaire, a un diamètre de 28 m. Il contient un dolmen.
Un autre cairn (B), de forme polygonale, long de 18 m, vient s’y adosser.

La chambre A, d’un diamètre de 3,20 m, a une surface de 10 m² et un couloir long de 2,80 m pour une largeur de 70 cm. Elle était recouverte par une voûte en encorbellement. La chambre est divisée en 3 parties. Au nord, tous les ossements sont entassés sans connexion. À l’ouest, un autre dallage de 4 m² est limité par une ligne de pierres dressées. Le reste de la chambre ne possède pas de revêtement. 2 625 vestiges osseux appartiennent à 7 hommes, 8 femmes, 1 individu non déterminé et 12 enfants. Le mobilier funéraire se compose de 16 outils en os, 57 en silex, 55 éléments de parure et les tessons d’une dizaine de vases.

La chambre B est plus petite que la chambre A et est presque carrée, avec une surface de 5 à 6 m². Elle comporte deux couches d’ossements séparées par un niveau intermédiaire de plaquettes calcaires de 40 cm d’épaisseur. Quelques connexions anatomiques ont été relevées. Il y avait entre 34 et 38 individus, dont 13 immatures. Sur plusieurs crânes avaient été déposées deux pierres en bâtière pour les protéger. Un lit de plaquettes surmonté de grandes dalles formait le sol des inhumations collectives. Sous celui-ci, une fosse contenait les ossements d’un individu. Il semblait en position anatomique. Cependant, certains ossements avaient été inversés. Les os du squelette avaient été replacés avec quelques erreurs. À son côté, une dalle de 60 cm était plantée verticalement. Sa place, le non-mélange de ses os et la volonté de reconstituer son squelette font penser à un ancêtre fondateur. Aucun mobilier ne l’accompagnait. La chambre n’a pas fourni beaucoup d’objets, à l’exception de quelques tessons et des restes d’un collier de coquillages.

Deux longs talus dont les bords sont parementés, orientés d’est en ouest, délimitent, devant le monument tumulus A, une cour de 500 m², placée à l’opposé de l’entrée. L’un est long de 20 m, l’autre de 30 m. Aucune trace d’utilisation funéraire n’a été mise en évidence dans ces deux monticules. Ils ne semblent pas avoir été construits simultanément avec le cairn principal, mais l’un s’était déjà effondré quand le tumulus A était encore en usage. Des datations C14 anciennes placent ce monument dans le 4e millénaire avant notre ère.

La chambre principale du tumulus de la Butte à Vierville (Manche)
La chambre principale.
Plan du tumulus de la Butte dans sa phase finale à Vierville (Manche)
Plan du monument dans sa phase finale.

Pour plus d'informations : Dolmens de la Normandie à l’Auvergne