Bélesta, Pyrénées-Orientales
Bélesta-de-la-Frontière · grotte sépulcrale
Au milieu du 5e millénaire, deux options sont choisies pour regrouper les morts : construire un monument ou choisir une grotte naturelle.
Fouille Françoise Claustre 1983/1991
Coordonnées : 42° 43′ 02″ nord, 2° 35′ 21″ est
Dans les Pyrénées-Orientales, la grotte de Bélesta est l’un des témoins anciens de ce changement d’attitude devant les morts. Une petite cavité qui se trouve à 11 m de l’air libre est accessible après avoir traversé plusieurs salles souterraines. Aux différents âges des métaux jusqu’au Néolithique Final et Moyen, la grande salle d’entrée est occupée. L’espace choisi comme sépulcre se trouve dans la partie secrète de la grotte. Elle ne mesure pas plus de 5 m de large et sa surface n’excède pas les 20 m². L’entrée en avait été obstruée avec le temps. Elle contenait un minimum de 32 individus : 13 enfants, 4 adolescents et 15 adultes. Seulement 3 ou 5 avaient dépassé l’âge de 40 ans. Cela correspond à une mortalité normale pour une collectivité de cette époque. Les morts ont été déposés selon les décès qui survenaient. Aucune partie de l’espace sépulcral n’a été privilégiée par tranche d’âge. Plusieurs datations C14 placent cette sépulture aux alentours de -4470. Elle a livré 28 récipients de bonne qualité, typiques du groupe de Montbolo du Néolithique Moyen. Vers le milieu du 5e millénaire, les morts ne voulurent plus être seuls. Ils souhaitèrent se regrouper. Aucune trace de séparation n’a été détectée entre les corps. Les dépouilles de tous âges sont ensemble, annonçant les millénaires où le dernier repos ne sera plus solitaire pour de nombreuses cultures.
Avec la grotte de Montou, située non loin, ce sont les deux sépultures collectives en grotte les plus anciennes du sud de la France.

