Grand Menhir, Morbihan
Locmariaquer · menhirs-stèles
La date et les raisons de la chute du Grand menhir ne sont pas connues avec certitude. Déjà en 1837, Prosper Mérimée s’interrogeait à ce sujet. Longtemps, l’événement fut attribué à la foudre à une époque historique. En 1483, il doit déjà être à terre car il n’est pas signalé comme amer, alors que d’autres monuments moins visibles, comme les grands cairns, le sont.
Fouille Jean L’Helgouac’h et Serge Cassen 1986/1994
Coordonnées : 47° 34′ 17″ nord, 2° 57′ 01″ ouest
Pour le fouilleur, sa chute fut provoquée volontairement au Néolithique Moyen. Le Grand Menhir appartenait à une file de stèles dont plusieurs de taille analogue avaient été mises à terre et débitées ; il aurait subi le même sort à la même époque. Les autres menhirs furent réutilisés dans des monuments mégalithiques des environs. Cet événement remonte au début du 4e millénaire. Il est envisageable que les fragments qui gisent à terre aient été en attente d’un transport vers d’autres monuments qui ne furent pas construits.
Aucune trace de débitage n’a été remarquée sur ces grands débris. Il a pu être abattu par simple traction. La fosse de fondation est consolidée par des murets constitués de blocs. Elle est profonde de 1,50 m. La pierre ne tenait debout que par son propre poids.
Zacharie Le Rouzic signale, pendant sa fouille de la Table des Marchands, la découverte dans la tranchée qu’il fit au pied du menhir de fragments de tuiles gallo-romaines. Un théâtre de cette époque jouxte le site préhistorique. Cela plaiderait pour une destruction ancienne. Parmi les autres théories proposées, l’une des plus vraisemblables serait un tremblement de terre. La Bretagne est sujette à ces séismes. Celui qui eut lieu en 1286 fut suffisamment important pour laisser des traces dans l’histoire.
Le Grand menhir est taillé dans un granite orthogneiss, pierre de bonne qualité architecturale qui ne se trouve pas sur place. Ce type de pierre eut une valeur spécifique et se retrouve dans plusieurs mégalithes des environs. Ces quatre grands blocs non seulement intriguèrent les premiers curieux mais déclenchèrent l’admiration. Une des premières propositions de la commission des monuments historiques en 1880, soit 3 ans après sa création, fut de le redresser. Il fut même suggéré qu’il remplace l’obélisque de la Concorde pour l’exposition universelle de 1900. Le monument égyptien ne le dépasse que de 3 m. Le monument préhistorique est d’un poids équivalent.


