Mont Saint-Aimé, Marne

Bergères-lès-Vertus · hypogée

Les hypogées du Mont Saint-Aimé ont été découverts en 1982 et en 1988. Ils sont entièrement creusés dans le sol.

Fouilles É. Crubézy et G. Mazière 1988/1989

Coordonnées : 48° 51′ 51″ nord, 3° 59′ 39″ est

Ils sont entièrement creusés dans le sol.

La chambre de l’hypogée I a une surface de 17 m², une longueur de 6,80 m, une largeur de 2,50 m et une hauteur de 1,60 m. Elle est surmontée de 1,80 m de craie.

La chambre de l’hypogée II a une surface presque identique de 17,22 m², pour une longueur de 7,40 m, une largeur de 2,30 m et une hauteur de 1,70 m. Elle est divisée en 2 salles. La chatière, qui en permet l’accès, est ovale, large de 45 cm et haute de 80 cm.

Ils présentent une architecture propre par rapport aux autres hypogées : plus allongée, ce qui rapproche leur plan de celui des allées sépulcrales du Bassin parisien.

Datations

Pour l’hypogée I, trois datations au carbone 14 ont été réalisées : -3621/-3350, -3491/-3102, -3344/-3023, ce qui les place entre -3600 et -3000.
Pour l’hypogée II, deux datations ont été effectuées : -3644/-3541 et -3638/-3384
À grande échelle, ils sont contemporains. À quelques années près, la question importante, et toujours pas totalement résolue, est de savoir s’ils ont fonctionné en même temps ou s’ils furent utilisés successivement. Il est probable qu’ils sont les tombes d’une même collectivité. Bien qu’ils aient une morphologie similaire, des différences se voient dans le recrutement des morts.

Populations

7 000 vestiges humains ont été récoltés dans l’hypogée I et 20 403 dans l’hypogée II.
L’hypogée I comptait 57 individus : 25 adultes et 32 immatures, avec une surmortalité des adolescents (15-19 ans).
L’hypogée II comptait 54 individus : 41 adultes, 5 adolescents et 15 enfants, qui y sont sous-représentés : par rapport à une mortalité normale, il en manque entre 10 et 20.

Pour toutes ces tombes, une date approximative de début et de fin de leur fonctionnement peut généralement être connue. De grandes phases sont parfois mises en évidence, mais il est impossible de dater avec précision chaque ossement et d’attribuer systématiquement des ossements à un seul squelette. En prenant comme hypothèse que les morts d’une collectivité aient été placés dans la nécropole pendant le temps où elle fut utilisée, et que la mortalité moyenne se produise vers 30 ans, elle aurait pu servir de dernière demeure à une communauté de 41 personnes pendant 50 ans, de 21 pendant 100 ans, de 10 pendant 200 ans et de 7 pendant 300 ans. Quelle que soit la durée d’utilisation, il manque des morts ou des tombes, soit parce qu’elles ont été détruites, soit parce qu’elles n’ont pas encore été découvertes.

L’examen moléculaire de 18 individus révèle quelques liens de parenté. Dans l’hypogée II, un père et un fils ; entre les hypogées I et II, un père et une fille attestent d’une relation étroite entre les deux grottes artificielles. La fréquence de ces cas ne permet pas de trancher en faveur d’un système patrilinéaire ou matrilinéaire.

Le mobilier est pauvre : des outils lithiques et osseux, des parures principalement composées de coquillages, des pendeloques à double perforation, tous objets portant des traces d’utilisation, plus de 150 armatures de flèches, 6 haches polies ainsi que 2 vases.

Fractures osseuses subies par les occupants de l’hypogée I du Mont Saint-Aimé à Bergères-lès-Vertus (Marne)
Exemples de fractures subies par les occupants de l’hypogée I.
Plan de l’hypogée II du Mont Saint-Aimé à Bergères-lès-Vertus (Marne)
Plan de l’hypogée II avec le tracé de cloisons en bois.

Pour plus d'informations : Dolmens de la Normandie à l’Auvergne