Hypogées de la Marne
Cent cinquante hypogées sont répertoriés dans la Marne. Ils datent d’entre -3500 et -2900. Ce grand nombre pourrait s’expliquer par une densité de population supérieure, provoquée par l’exploitation intensive du silex.
La plus grande concentration de grottes artificielles du nord de la France se trouve entre Épernay et Sézanne, dans le département de la Marne. Huit sont recensées dans le département de l’Oise et une dizaine en Seine-et-Marne. Celles de Champagne se divisent en deux secteurs : l’un sur la Côte des Blancs, avec une vingtaine de sites, et le plus grand nombre au nord du marais de Saint-Gond. Le phénomène se limite à un territoire large de quelques dizaines de kilomètres et n’a concerné qu’une petite population. Il est un dérivé des allées sépulcrales du Bassin parisien.
Les monuments sont entièrement creusés dans le sous-sol, à flanc de coteaux, à deux, trois mètres sous la surface. La craie de la région se prêtant facilement à cette opération, des herminettes, des haches et des pics de cerf sont utilisés. Leurs marques sont souvent visibles sur les parois. Les hypogées peuvent être le résultat d’une opportunité géologique pour des gens habitués à creuser le sol pour y extraire du silex.
L’accès se fait par un couloir en pente de 1 m à 9 m de long et large d’environ 1 m. Une antichambre est présente dans la moitié des hypogées. Leur largeur excède rarement 2 m et leur hauteur varie de 1,20 m à 1,40 m ; elles sont généralement de forme ovale. Une porte, de forme rectangulaire, trapézoïdale ou irrégulière, est étroite, juste suffisante pour laisser passer un corps et la personne responsable de l’inhumation. Des vestiges montrent que certaines étaient fermées par une dalle en pierre avec des aménagements pour la maintenir.
La chambre mesure en moyenne 10 m². Les chambres sont doubles dans de rares cas. La plus petite surface, de 4 m², est celle des Varilles à Bouy ; la plus grande, de 22 m², est celle de Saran 2. Leur longueur oscille entre 2 et 7 m pour une largeur de 2 à 4 m. Leur hauteur n’excède pas 1,60 m.
Les hypogées sont regroupés en nécropoles : 11 pour les Houyottes, 24 pour les Ronces et 37 pour les Coizard. Ils sont organisés par rangées en étages.
Les hypogées sont traditionnellement attribués au groupe SOM. Les datations au carbone 14 sont rares, tout comme le mobilier céramique. Leur construction se situe entre -3600/-3500 et -3200. Leur usage s’est terminé entre -2900 et -2550. Il est possible qu’il se prolonge à l’âge du Bronze, auquel se rattachent les dates des Mournouards (-1767/-1455), de l’Homme Mort (-2909/-1785) et de Loisy-en-Brie (-2455/-1726). Ces données sont en contradiction avec le mobilier funéraire.
Le nombre de défunts est très variable : 2 aux Varilles, de 3 à 7 à la Grifaine, 20 dans l’hypogée de l’Homme Mort, 79 aux Mournouards II et 167 aux Gouttes d’Or.


